« Balance ton père » : Eric Brion, accusé par la créatrice de #BalanceTonPorc, sort un livre

INFO 20 MINUTES Le livre s’appelle « Balance ton père »

A.L.

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Manifestation à Dijon, le 25 octobre 2017.
Manifestation à Dijon, le 25 octobre 2017. — KONRAD K./SIPA

Eric Brion, accusé par la créatrice de #BalanceTonPorc, sort un livre, qui sera publié le 14 octobre chez JC Lattès, annonce l’éditeur à 20 Minutes. Le livre s’appelle Balance ton père. Une journaliste d’Europe 1 n’a visiblement pas apprécié visiblement de recevoir le livre :

Alors que le mouvement de dénonciation des violences sexuelles, #MeToo, prenait de l’ampleur dans le monde, la journaliste Sandra Muller avait invité le 13 octobre 2017 ses abonnées et abonnés sur Twitter à « balancer », des noms de harceleurs.

« #balancetonporc !! toi aussi raconte en donnant le nom et les détails un harcèlent (sic) sexuel que tu as connu dans ton boulot. Je vous attends ». Message suivi quatre heures plus tard par un second tweet : « « Tu as des gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit » Eric Brion ex-patron de Equidia #balancetonporc ».

Condamnée pour diffamation

L’initiatrice de #BalanceTonPorc a été condamnée en septembre 2019 pour diffamation. La journaliste à la Lettre de l’audiovisuel a également été condamnée à lui verser 5.000 euros au titre des frais de justice, à retirer le tweet litigieux et à publier des communiqués judiciaires sur son compte Twitter et dans deux organes de presse lorsque la décision sera définitive.

Le tribunal a souligné que la question des « violences sous toutes leurs formes infligées aux femmes par des hommes constitue à l’évidence un sujet d’intérêt général ».

Pour autant, les juges ont estimé qu’en imputant à Eric Brion de l’avoir harcelée sexuellement, Sandra Muller a tenu des propos diffamatoires – le délit de harcèlement étant constitué par « une répétition ou une pression grave », ce qui n’était pas le cas – et qu’elle ne peut bénéficier de l’excuse de « bonne foi », n’ayant apporté ni « base factuelle suffisante » ni preuve de la vérité de ses accusations.

Vie « ruinée »

Se disant « victime de Sandra Muller », Eric Brion avait déclaré avoir eu sa vie « complètement ruinée ». « J’ai passé des heures et des heures à regarder le plafond chez moi… C’est une mort sociale, on n’est plus invité nulle part, le téléphone ne sonne plus », a-t-il dit.

Sandra Muller « a manqué de prudence dans son tweet, notamment en employant des termes virulents tels que "porc" pour qualifier le demandeur, l’assimilant dans ce contexte à Harvey Weinstein, et "balance", (…) l’exposant ainsi à la réprobation sociale ; elle a dépassé les limites admissibles de la liberté d’expression, ses propos dégénérant en attaque personnelle », a estimé le tribunal.