Explosion à Beyrouth : Deux jours de festival à Paris pour dire « que nous sommes avec eux »

CARITATIF Pendant deux soirées, vendredi et samedi, le parvis de l'Institut du Monde Arabe à Paris accueille le festival « Paris -Beyrouth » afin d'intensifier le mouvement de solidarité en faveur du Liban

Dorian Grelier

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Jack Lang, président de l'Institut du Monde Arabe
Jack Lang, président de l'Institut du Monde Arabe — SIPA

Il y a près de deux mois, une double explosion ravageait une importante partie de Beyrouth, la capitale du Liban. Dans un pays frappé par une profonde crise économique et politique, pas moins de 190 personnes trouvèrent la mort et plus de 6.500 autres furent blessées. Afin d’apporter un soutien à la vie artistique libanaise, grandement meurtrie, l’Institut du Monde Arabe (IMA) organise à Paris vendredi et samedi, sur son parvis, deux soirées de performances ouvertes au public durant lesquelles seront rassemblés physiquement et virtuellement plus de 60 artistes, intellectuels et activistes.

« L’objectif est de mobiliser tous ceux qui sont attachés à la résurrection, à la reconstruction du Liban », nous explique Jack Lang, président de l’IMA. En association avec Wajdi Mouawad, directeur du théâtre de La Colline, et France Inter, qui pour l’occasion bouscule sa programmation et propose un week-end spécial Liban, les recettes de Paris - Beyrouth, 24 heures pour le Liban seront reversées aux organisations de soutien d’artistes AFAC/Mawred Solidarity Fund of Lebanon et STATION Beirut.

La culture en guise de soutien

Dimanche dernier, au cœur d’un quartier endommagé par les déflagrations, un émouvant concert de chants libanais en hommage aux victimes s’est tenu dans les jardins du palais beyrouthin Sursock-Cochrane. Non sans rappeler la mobilisation d’artistes qui, lors du siège de Sarajevo au début des années 1990, firent de l’art un instrument de résistance. « Bien qu’elle ne puisse apporter de réelle réponse au drame, la culture contribue à redonner confiance à un pays. La culture c’est l’âme d’un peuple, son histoire, son identité, l’expression de sa créativité », confie Jack Lang.

Une créativité qui, durant deux jours, sera mise à l’honneur par les meilleurs cinéastes, musiciens, gens de théâtre, et écrivains en présence, ou en correspondance depuis l’Institut Français de Beyrouth. L’on note, entre autres, les participations de la chanteuse Camélia Jordana, du compositeur Marc Codsi, du réalisateur Ziad Antar, et du designer Naji El Mir. Une programmation réalisée grâce aux liens étroits qu’entretiennent le Liban et l’IMA, mais aussi grâce à la confiance qu’accordent les artistes à l’ancien ministre de la Culture. Celui qui découvrit le Liban à l’âge de 18 ans ne cache pas qu’il correspond fréquemment avec les acteurs de la vie culturelle libanaise : « Récemment, les lettres d’artistes que j’ai reçues étaient marquées par la douleur, mais aussi par l’espérance ».

Une amitié franco-libanaise

D’après le président de l’IMA, l’idée principale de ce grand rassemblement est de dire avec force qu’amis et amoureux du Liban ne doivent pas laisser pas tomber ce pays auquel la France est lié. « Le Liban, c’est un pays et un peuple que nous aimons, que nous admirons car nous y sommes liés historiquement et culturellement. C’est une nation sœur qui apporte beaucoup à l’humanité, à la France notamment, par ses artistes. Il y a aujourd’hui au Liban un sentiment de désespoir et de colère. Il est donc important pour nous de dire que nous sommes avec eux et que nous les accompagnons dans cette épreuve ».