« Mignonnes » : Roselyne Bachelot prend la défense de la réalisatrice Maïmouna Doucouré

POLEMIQUE Aux Etats-Unis, le film est accusé de laxisme sur la question de la pédophilie

20 Minutes avec AFP

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Roselyne Bachelot en juillet 2020 pour la passation de pouvoirs
Roselyne Bachelot en juillet 2020 pour la passation de pouvoirs — Laurent Vu/SIPA

Les polémiques continuent de pulluler autour de Mignonnes. Fin août, Netflix s’est excusé après avoir publié une affiche problématique du film que la plateforme proposait aux Etats-Unis. Plus tard, c’est le propos du long-métrage, accusé d’hypersexualiser les enfants, qui a suscité l’indignation outre-Atlantique.

Vendredi, la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, a pris la défense de la réalisatrice Maïmouna Doucouré, cible de la droite américaine. « Les critiques virulentes dont le film Mignonnes est la cible prêtent à la réalisatrice une intention qui est en contradiction totale avec le propos de son œuvre. Elles se fondent sur une série d’images réductrices et décontextualisées du film », a regretté la ministre dans un communiqué commun avec sa consœur déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes, Elisabeth Moreno. « Ce film doit pouvoir continuer à être présenté à tous les publics et à nourrir un débat apaisé fondé sur des lectures éclairées de l’œuvre », ont-elles ajouté.

Un film pour « susciter le débat »

Sorti en France cet été, Mignonnes est la cible de la droite américaine depuis sa mise en ligne le 9 septembre aux Etats-Unis par Netflix. Une campagne accuse le film d’hypersexualiser des enfants, jusqu’à taxer les milieux culturels, voire ses adversaires démocrates, de laxisme sur la question de la pédophilie.

Le film évoque l’histoire d’Amy, Parisienne de 11 ans qui intègre un groupe de danse formé par trois autres filles de son quartier, qui imitent les chorégraphies suggestives des stars de la pop actuelle qui les font rêver. La réalisatrice a totalement rejeté ces critiques, adjurant ceux qui la ciblaient à regarder le film pour comprendre qu’il menait « le même combat » contre l’hypersexualisation des jeunes filles et l’influence malsaine des réseaux sociaux. « Susciter le débat », a-t-elle expliqué, « est nécessaire pour essayer de trouver des solutions, moi en tant qu’artiste en faisant ce film, les politiciens, le système éducatif, les parents, tout le monde, parce que c’est un vrai problème. »

France Télé également aux côtés de la réalisatrice

Dans un communiqué vendredi soir, France Télévisions, dont la filiale France 3 cinéma a participé au préfinancement du film, s’est indigné des attaques contre le film. Cette œuvre est « nécessaire et d’utilité publique car elle dénonce les dangers des réseaux sociaux contribuant à l’hypersexualisation des toutes jeunes filles », dit le groupe.

« Mignonnes permet justement de faire entrer ces débats au sein même des familles et d’amorcer le dialogue entre les générations », a ajouté France Télévisions, assurant se tenir toujours « du côté des créateurs » face « aux menaces sur la liberté d’expression et de création. »