Journées du patrimoine : Et si le monument préféré des Français était l'église russe de Nice ?

ORTHODOXE La cathédrale Saint-Nicolas de Nice fait partie de la sélection de Stéphane Bern

Michel Bernouin

— 

La cathédrale Saint-Nicolas de Nice fait partie des quatorze sites en lice dans l'émission.
La cathédrale Saint-Nicolas de Nice fait partie des quatorze sites en lice dans l'émission. — M.Bernouin / ANP / 20 Minutes
  • Cette église est le plus grand édifice relieux orthodoxe d'Europe occidentale.
  • Elle vient de bénéficier de 20 millions d'euros de travaux.
     
     

Depuis plus de cent ans, elle symbolise les liens qui unissent la Russie à Nice. La cathédrale Saint-Nicolas, plus grand édifice religieux orthodoxe d’Europe occidentale, classée monument historique depuis 1987, est en lice pour devenir « le monument préféré des Français » dans l’émission présentée par Stéphane Bern ce vendredi soir sur France 3.

Tous les Niçois – et les 250.000 touristes qui la découvrent chaque année, faisant de l’édifice le plus visité de la Côte d’Azur – connaissent ses bulbes impressionnants. Au centre, le plus volumineux symbolise le Christ. Autour, quatre satellites représentent les apôtres.

Curieusement orientée

Ses façades sont parées de faïences turquoise et de briques orangées avec une particularité : « Elles sont volontairement plus pâles que dans les régions septentrionales car à Nice le ciel est déjà très bleu », observe Luc Svetchine. « Les couleurs et matériaux ont été adaptés à la Côte d’Azur », explique cet architecte Niçois d’ascendance russe qui lui a consacré un livre (Les églises russes de Nice, Luc Svetchine et Pierre-Antoine Gatie, éditions Honoré Clair).

Mais ce n’est pas sa seule originalité. Par l’allée qui y mène, on découvre l’édifice orienté de trois quarts sur la droite, ce qui permet de voir à la fois le clocher central et les fameux bulbes d’un seul coup d’œil. Face aux visiteurs trône un escalier monumental, tandis qu’un second se trouve de côté, de sorte que quasiment personne ne l’emprunte. Cette curiosité n’est pas tout à fait volontaire. Elle est liée au sous-sol instable de la ville…

Vingt millions d’euros de travaux

« L’église devait initialement être construite quartier des Musiciens, avec un escalier donnant sur la rue Verdi et l’autre sur la rue Berlioz, mais une fois les plans achevés, on a découvert que le sol marécageux posait un problème de stabilité, raconte Luc Svetchine. L’impératrice, la mère de Nicolas II, a plaidé auprès de son fils pour qu’il cède le terrain qu’elle occupe finalement. Le projet a donc été transféré, mais sans modifier les plans, et on a ainsi conservé le deuxième escalier pour le décor. »

L’édifice, richement décoré, a bénéficié d’importants travaux de restauration entre 2014 et 2016. C’est la Russie, déclarée propriétaire des lieux au terme d’une longue bataille judiciaire, qui a investi 20 millions d’euros pour rénover les toitures, les céramiques, les icônes et les vitrages. De quoi briller aux yeux des téléspectateurs de France 3 ce vendredi soir.

Nice: L'association gérant l'Eglise russe doit rendre les clefs à la Russie