Le gouvernement saisit la justice après les clips « antisémites » du rappeur Freeze Corleone

JUSTICE Gérald Darmanin parle de « propos inqualifiables » et appelle Facebook et Twitter « à ne pas diffuser ces immondices »

20 Minutes avec AFP

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Extrait du clip «Hors Ligne» du rappeur Freeze Corleone
Extrait du clip «Hors Ligne» du rappeur Freeze Corleone — Capture écran Freeze Corleone / Mangemort Squad

Le gouvernement a annoncé jeudi avoir saisi la justice au sujet de plusieurs clips jugés «antisémites» et « négationnistes » du rappeur  Freeze Corleone, qui ont provoqué l’indignation de la majorité LREM. Le délégué interministériel à la lutte contre le racisme l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), Frédéric Potier, a indiqué avoir fait un signalement auprès du procureur de Paris après avoir recensé neuf passages qui constitueraient une incitation à la haine raciale, en vertu de l’article 40 du code de procédure pénale. Le ministère de l'Intérieur a également affirmé qu’un signalement serait fait dans l’après-midi. Jeudi à 17h30, le Procureur de la République a annoncé que « le parquet de Paris avait ouvert une enquête portant sur différents clips vidéo et chansons de Freeze Corleone des chefs de provocation à la haine raciale et injure à caractère raciste. »

Les députés LREM appellent à des sanctions

Dans des extraits de ses clips diffusés sur les réseaux sociaux et compilés notamment par la Licra, cette figure montante du rap français déclare entre autres : « J’arrive déterminé comme Adolf dans les années 30 », « tous les jours RAF (rien à foutre) de la Shoah » ou bien encore « comme des banquiers suisses, tout pour la famille pour que mes enfants vivent comme des rentiers juifs ».

Plus tôt dans la journée, une cinquantaine de députés LREM avaient appelé à des sanctions, se disant « profondément choqués des propos absolument détestables antisémites et négationnistes tenus par Freeze Corleone ». « Ce dernier fait ouvertement l’apologie du nazisme et l’éloge du terroriste Mollah Omar », écrivent les députés parmi lesquels la députée des Yvelines, Aurore Bergé, l’ex-ministre de la Transition Ecologique, François de Rugy, ou la présidente de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet.

La Licra demande aux plateformes de streaming de réagir

Le chef de file des députés LREM Christope Castaner a lui aussi indiqué avoir saisi le procureur, dénonçant un clip « intolérable ». « Notre République ne peut accepter que la pseudo expression artistique puisse servir de prétexte aux appels à la haine ou à l’apologie du terrorisme », ont aussi commenté les députés. « Ne laissons plus rien passer », ajoutent-ils. Dans un tweet, le ministre de l’Intérieur s’était indigné de propos « inqualifiables » : « J’appelle Facebook et Twitter à ne pas diffuser ces immondices ».

La Licra estime, elle aussi, que « l’impunité doit cesser » et demande à l’ensemble des acteurs dont les grandes plateformes de diffusion de musique en ligne de « prendre leurs responsabilités ». A droite, le député des Alpes-Maritimes (LR) Eric Ciotti dénonce un « vrai prêcheur de haine » et appelle également les plateformes numériques à le radier et à interdire ses chansons de diffusion. Le Dilcrah a également souligné avoir signalé ces propos « aux fins d’enregistrement, à la plateforme Pharos de l’office central lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication ».