Journées du patrimoine : Ouragan, Mirage, le musée de l’aviation Lyon Corbas dévoile sa collection d’avions militaires

PLEIN LES YEUX Tout le week-end, le musée de l’aviation de Lyon Corbas fait gratuitement découvrir au public sa collection d’avions militaires réformés et restaurés par des passionnés

Elisa Frisullo

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Un Mirage 2000-N  lors des répétitions du défilé du 14-Juillet sur la base aérienne de Chateaudun.
Un Mirage 2000-N lors des répétitions du défilé du 14-Juillet sur la base aérienne de Chateaudun. — M.ASTAR/SIPA
  • Samedi et dimanche, le musée de l’aviation Clément Ader à Corbas, vers Lyon, fait gratuitement découvrir sa collection d’avions militaires réformés à l’occasion des Journées du patrimoine.
  • De nombreux appareils permettent de retracer l’histoire de l’aviation et de cette ancienne place forte de l’aéronautique qu’est la région lyonnaise.

 

Une vingtaine d’usines, des milliers d’ouvriers. Saviez-vous qu’au temps de la Grande Guerre, Lyon était la place forte de l’aéronautique, avec de nombreuses industries implantées dans la ville et à Villeurbanne ? Pour vous plonger dans cette histoire en découvrant les engins militaires qui ont marqué le XXe siècle, vous pourrez aller faire un tour au musée de l'aviation Clément Ader de Lyon Corbas, ouvert gratuitement samedi et dimanche pour les journées du patrimoine.

Un lieu créé en 2012 par d’anciens pilotes, mécaniciens et bénévoles passionnés. Parmi eux, 20 Minutes a interrogé Vincent, membre de l’équipe, qui connaît sur le bout des doigts la trentaine d’avions militaires exposés au public. Une collection impressionnante qui illustre bien la place dominante de la région dans l’aviation française. « Beaucoup ont oublié que l’histoire de l’aviation dans notre région était si importante. En 1920, Lyon était le plus gros centre aéronautique du monde », souligne Vincent, qui pour illustrer son propos, aime à citer ces chiffres : « Sur les 117.000 avions qui ont été construits lors de la Première Guerre mondiale par les Français, les Anglais, les Italiens… 63.000 l’ont été à Lyon ».

Place forte de l’aéronautique

Une place forte qui n’est pas due au hasard. La région est celle des frères Montgolfier, qui ont fait voler le premier ballon à air chaud, en 1783 avec des passagers. Lyon a également accueilli pour leurs études au lycée Ampère les frères Voisins, premiers constructeurs français d’avion installés en région parisienne. Le musée dispose d’ailleurs d’une réplique réalisée par les élèves ingénieurs de l’Insa du premier avion qui a décollé en 1908 de la Doua à Villeurbanne. Un aéroplane imaginé par les frères Voisins. « Puis au démarrage de la Grande Guerre, Lyon voit débarquer de nombreux constructeurs français », ajoute Vincent.

Menacés par l’avancée allemande, « de nombreux constructeurs aéronautiques se délocalisent en région lyonnaise, où existe un tissu industriel favorable, en particulier dans la construction automobile et le travail du bois », apprend-on sur le site du musée militaire de Lyon. Cette période est illustrée à Corbas par certains des engins exposés dans les hangars, où 35 avions mais aussi des hélicoptères et des équipements retracent l’histoire de l’aviation des frères Voisins à Dassault. « Ce sont évidemment tous des appareils réformés qui nous ont été cédés par le ministère de la Défense au titre du patrimoine historique », ajoute Vincent. Une fois à Corbas, les engins de guerre, qui plus jamais ne voleront, ont tous bénéficié d’une longue restauration, réalisée par les passionnés du musée.

Visite libre de deux heures

Ces derniers seront présents samedi et dimanche pour répondre aux questions du public invité à déambuler librement pendant deux heures à travers les avions. Parmi les engins, chacun pourra découvrir l’Ouragan, premier chasseur mis en service en 1949, différents Dassault Mirage ou encore le Vampire. Cet appareil, d’origine anglaise et utilisé par l’armée française, avait l’originalité « d’être un avion à réaction équipé d’un cockpit en bois », raconte Vincent qui sera ravi de raconter d’innombrables anecdotes aux curieux ce week-end.

Gratuit de 10 h à 19. Rendez-vous rue Nungesser et Coli à Corbas.