Aix-en-Provence : Momie, papyrus et pharaons, une exposition permet de jouer les Tintin en Egypte

ANTIQUITE Une exposition au musée Granet d'Aix-en-Provence, en collaboration avec le Louvre, permet de suivre les traces des pharaons à travers de rares objets issus de l'Egypte antique 

Mathilde Ceilles

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Le cercueil de Ptahirdis est l'une des pièces maîtresses de cette exposition
Le cercueil de Ptahirdis est l'une des pièces maîtresses de cette exposition — Mathilde Ceilles / 20 Minutes
  • Une exposition au musée Granet d’Aix-en-Provence rassemble 200 objets de l’Egypte antique.
  • Cette exposition, en collaboration avec le Louvre, comporte quelques pépites, comme un sarcophage ou un varan momifié.

Un papyrus couvert d’étranges hiéroglyphes qu’on s’amuserait presque à déchiffrer. A quelques mètres de là, le sarcophage d’un certain Ptahirdis qui laisse entrevoir une momie vieille de milliers d’années. ll ne manque peut-être plus qu’un aboiement de Milou ou une remarque des Dupond et Dupont pour se croire auprès de Tintin, arpentant les profondeurs des pyramides.

Pas besoin toutefois d’avoir l’âme d’un aventurier pour découvrir les trésors de l’Egypte antique, puisque cette scène se situe en plein cœur d’Aix-en-Provence. Ce week-end s’ouvre en effet au musée Granet l’exposition « Phararon, Osiris et la Momie ». Un événement rare, en collaboration avec le musée du Louvre et d’autres grands musées français et européens, qui présente l’ensemble du fond aixois en la matière, parfois inaccessible au public depuis 25 ans, aux côtés d’autres objets prêtés par les musées partenaires.

« Un patrimoine totalement méconnu »

Car bien avant de devenir célèbre pour ses calissons, Aix-en-Provence était connue pour abriter de nombreux collectionneurs de momies et autres curiosités égyptiennes qui reposent désormais derrière les murs de ce musée. « Cette exposition est exceptionnelle dans la mesure où elle montre un patrimoine totalement méconnu qui appartient à la ville d’Aix-en-Provence, se réjouit Christophe Barbotin, conservateur général au département des antiquités égyptiennes du musée du Louvre et commissaire scientifique de l’exposition. C’est une très ancienne collection, puisque certains objets sont arrivés en Provence sous le règne de Louis XIV, avant que la collection se développe au XVIIIe et XIXe siècles. »

Les 200 objets exposés, dont le plus ancien date de -3.500 ans avant Jésus-Christ, sont répartis selon trois thématiques différentes. « L’exposition se concentre notamment sur les pharaons, de l’administration dont les pharaons sont la clé de voûte, précise Christophe Barbotin. Le visiteur va voir de plus comment fonctionnent les hiéroglyphes et quel pouvoir ils donnent. L’exposition présente aussi les divinités qui étaient adorées par les Egyptiens, au premier rang desquelles se trouve Osiris, le Dieu des Morts. L’exposition retrace enfin l’aspect funéraire, que tout le monde connaît. »

Varan momifié et papyrus

Dans les dédales de l’exposition se cachent de véritables pépites uniques au monde, comme cet étonnant varan momifié, une pièce qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Pour la première fois également est exposé dans son intégralité le Livre des Morts, soit 18 mètres de rouleaux de papyrus déroulés et placés sous verre pour mieux apprécier la beauté et la précision des hiéroglyphes.

Prévue initialement pendant le confinement, l’exposition a traversé maintes péripéties avant de finalement pouvoir ouvrir ses portes ce week-end, jusqu’au 14 février prochain. De là à croire, comme le dit son conservateur en chef Bruno Ely, que le musée Granet « a vaincu la malédiction des pharaons », il n’y a qu’un pas…