Journées du patrimoine : A Nantes, l’histoire méconnue de l’ancienne chocolaterie devenue un Lidl

VISITE A Nantes, une visite guidée insolite se déroule samedi après-midi dans un supermarché Lidl, boulevard Jules-Verne

Julie Urbach

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Le supermarché Lidl du boulevard Jules-Verne s'est installé dans une ancienne usine de chocolat
Le supermarché Lidl du boulevard Jules-Verne s'est installé dans une ancienne usine de chocolat — J. Urbach et collection privée
  • Situé à l’arrêt de bus Chocolaterie, le supermarché Lidl du boulevard Jules-Verne est installé dans une ancienne usine.
  • « La façade et toute la volumétrie du bâtiment sont classées au patrimoine nantais, explique Stéfanie Hirsch, responsable développement immobilier pour Lidl.

Tous les jours, des milliers de Nantais, usagers de la ligne C1, passent ou s’arrêtent à l’arrêt Chocolaterie. Mais savent-ils tous réellement à quoi ce nom fait référence ? Samedi, à l’occasion des Journées du patrimoine, l’histoire méconnue de cette ancienne usine de chocolat du boulevard Jules-Verne va se dévoiler. Le supermarché Lidl, qui occupe aujourd’hui le bâtiment, organise une visite guidée de ce lieu appartenant au patrimoine industriel nantais. Car en 1920, quatre-vingt ans avant l’arrivée de la marque allemande, l’enseigne « Compagnie nantaise des chocolats » venait d’être fixée.

« L’entrée du site se faisait à cette époque directement par des bureaux situés à la place de l’actuel parking du Lidl », explique-t-on à la direction du patrimoine de la ville de Nantes. Les ouvriers cheminaient ensuite jusqu’au bâtiment industriel, occupé par l’actuel supermarché, où travaillent aujourd’hui 25 salariés. « La chocolaterie était une usine importante qui fabriquait les fameux chocolats Menier, souvent confondus avec Meunier, poursuit-on à la ville de Nantes. Elle fabriquait des tablettes à croquer au chocolat au lait, avec ou sans noisettes. » Les fèves de cacao étaient alors acheminées de Madagascar, de Côte d’Ivoire ou du Cameroun, à bord du célèbre Belem.

L'entrée de la chocolaterie
L'entrée de la chocolaterie - Collection privée

« Classées au patrimoine nantais »

Samedi, c’est aussi une architecture particulière que les visiteurs pourront découvrir. Ses trois voûtes, qui donnent à l’immeuble cette drôle de forme si caractéristique, ont pu être conservées. Et ce même si une sur-structure a récemment été posée sur la toiture dans le cadre de la réhabilitation et de l’agrandissement du magasin (3,7 millions d’euros), opération achevée cet été.

« La façade et désormais toute la volumétrie du bâtiment sont classées au patrimoine nantais, explique Stéfanie Hirsch, responsable développement immobilier pour Lidl. Sa structure, faite essentiellement de béton, possède un réel intérêt quand on sait que beaucoup de bâtiments de ce type ont aujourd’hui disparu. A l’intérieur, nous avons décidé de retirer le faux plafond pour dévoiler le système constructif, composé de poteaux et de poutres. C’est beaucoup de contraintes mais c’est très intéressant de pouvoir le sublimer davantage. »

Le supermarché Lidl du boulevard Jules-Verne à Nantes
Le supermarché Lidl du boulevard Jules-Verne à Nantes - J. Urbach/ 20 Minutes

Un décor qui a aussi vu une autre société nantaise prospérer pendant trente ans. Car après le départ des chocolats Menier au Havre, c’est la conserverie Saupiquet qui a investi les lieux, partagés avec la marque de charcuterie Tante Coline, en 1950. En 1998, un projet de réhabilitation commercial et industriel, « l’opération Saupiquet », est lancé. Un espace est devenu le magasin Lidl. L’autre, à l’arrière, accueille toujours une soixantaine de logements.