Une ex-salariée accuse Facebook de laxisme face à la manipulation politique

ACCUSATIONS Dans une note à charge de 6.600 mots, elle accuse le géant californien d’avoir ignoré ou d’avoir tardé à agir contre de faux comptes utilisés pour saper les élections et la vie politique de nombreux pays

20 Minutes avec AFP

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Facebook illustration — ISOPIX/SIPA

« J’ai du sang sur les mains », écrit une ex-salariée de Facebook. Selon Sophie Zhang, le réseau social pourrait en faire davantage pour faire cesser la manipulation politique de sa plateforme par divers gouvernements, estime une spécialiste des données, récemment licenciée par le réseau social.

Dans une note à charge de 6.600 mots, publiée lors de son dernier jour chez Facebook et obtenue par Buzzfeed News, elle accuse le géant californien d’avoir ignoré ou d’avoir tardé à agir contre de faux comptes utilisés pour saper les élections et la vie politique de nombreux pays. « J’ai décelé de multiples tentatives flagrantes par des gouvernements étrangers d’exploiter notre plateforme à large échelle dans le but de tromper leurs propres citoyens », y écrit Sophie Zhang., poursuit-elle.

Une note publiée sur Buzzfeed

Dans l’un des exemples cités, Sophie Zhang révèle qu’il a fallu neuf mois à Facebook pour prendre des mesures contre une campagne se servant « d’actifs inauthentiques » utilisés à des fins de manipulation en faveur du président du Honduras Juan Orlando Hernandez.

Le rapport mentionne également des efforts concertés pour harceler, tromper ou manipuler des citoyens en Azerbaïdjan, Ukraine, Bolivie, Equateur, Inde et dans d’autres pays, ainsi que des tentatives de manipulation électorale aux Etats-Unis et au Brésil. En réponse à la note, Facebook a assuré avoir intensifié ses efforts pour lutter contre la désinformation et la manipulation.

« Nous avons mis en place des équipes spécialisées, qui travaillent avec les experts les plus réputés pour empêcher les acteurs malveillants d’exploiter nos systèmes, ce qui a abouti au retrait de plus de 100 réseaux pour comportement inauthentique concerté », a réagi Facebook dans un communiqué. Le groupe a assuré que ce travail « très complet » était mené « sans relâche ». Buzzfeed a indiqué ne pas avoir publié la note dans son intégralité car elle contient des informations personnelles.

Sophie Zhang a décliné des indemnités de licenciement

Selon le site, Sophie Zhang, qui a refusé d’être interviewée, a décliné des indemnités de licenciement offertes par Facebook, qui prévoyaient une clause de « non-dénigrement ». L’ancienne employée a précisé qu’elle ne voulait pas que les détails de son mémo soient rendus public par peur de perturber les efforts de Facebook pour protéger l’élection présidentielle américaine de novembre.

« La dernière chose que je veux est de nous distraire des efforts pour les élections américaines à venir, même si je sais que c’est ce que va faire cette publication au niveau interne », écrit Sophie Zhang.