« Manu dans le 6/10 » : « On a continué à se lever tôt pour le personnel soignant », raconte Manu Levy

INTERVIEW L’animateur continue de réveiller près de trois millions de personnes chaque jour sur NRJ

Propos recueillis par Clément Rodriguez
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Manu Levy tient le micro de NRJ depuis dix ans
Manu Levy tient le micro de NRJ depuis dix ans — NRJ
  • Manu Levy fête cette année sa dixième saison à la tête de la matinale de NRJ.
  • L’animateur gagne une demi-heure supplémentaire chaque jour, et mise encore plus sur l’interactivité en cette rentrée particulière.
  • « A priori, on n’a pas été embauchés pour être chiants », raconte-t-il à 20 Minutes.

Il semblerait que le chiffre 10 porte bonheur à Manu Levy. Cette année, l’animateur de NRJ démarre sa dixième saison à la tête de la matinale la plus écoutée des stations musicales. Pour fêter ça, la radio a décidé de lui octroyer une demi-heure d’antenne supplémentaire chaque jour. Adieu Manu dans le 6/9, et bienvenue à Manu dans le 6/10 ! Une marque de confiance de la part de NRJ, qui a décidé de miser plus que jamais sur ses animateurs stars pour rester en tête des radios musicales.

L’homme qui réveille près de trois millions de personnes chaque matin a un défi supplémentaire cette année : encourager et motiver les Français avant de partir travailler dans des conditions exceptionnelles liées à la crise sanitaire. Pour cela, Manu Levy repose davantage sur les ingrédients qui ont fait le succès de son émission, à savoir l’humour et l’interactivité.

Cette saison, vous avez dit enterrer Manu dans le 6/9 pour célébrer le 6/10. Finalement, une demi-heure supplémentaire, ce n’est pas trop de changements ?

La saison dernière, on faisait 3 h 30 d’émission et on passe à 4 heures cette année. On est plutôt contents de cette demi-heure. Avant, on était un peu engoncés, on terminait toujours en retard. Là c’est cool, ça nous permet de faire des choses qu’on n’avait pas le temps de faire, de trouver des nouvelles idées. L’idée de la demi-heure supplémentaire est venue du confinement, on avait rajouté une heure parce que les gens étaient en télétravail et se levaient plus tard. On faisait donc 6h/10h30. Aujourd’hui encore, il y a beaucoup de gens en télétravail donc on s’est dit qu’on allait les accompagner jusqu’à 10 heures. Au départ, on voulait décaler l’émission, on voulait faire 7h/10h30 mais on a reçu plein de messages du personnel soignant qui disait que ce n’était pas chouette pour eux. Pour ces gens-là, on a continué à se lever tôt.

Est-ce qu’on continue à stresser au bout de dix ans d’émission ?

Ce n’est pas du stress parce que j’ai quand même de l’expérience, et quand on en a, on est hyperflexible, on s’adapte à toutes les situations. J’ai déjà eu le studio en carafe où plus rien ne partait, tout le monde paniquait et moi je disais que tant que les micros fonctionnaient, tout allait bien. C’est l’expérience qui fait ça. Ce n’est pas du stress mais c’est cette envie, un genre de trac. S’il n’y a plus de trac, il y a un truc qui manque, et ça veut dire que c’est la routine, qu’on est en pilote automatique. Il ne faut jamais l’être, c’est un truc que je dis tout le temps à l’équipe, sinon on devient chiants. Et a priori, on n’a pas été embauchés pour être chiants.

Dix ans après votre première matinale, est-ce qu’il est toujours facile de se réveiller aussi tôt le matin ?

Mon réveil sonne à 4h30 et je suis au regret d’annoncer que non, on ne s’habitue jamais à se lever aussi tôt. Fondamentalement, après avoir fait quelques recherches sur Internet, l’homme n’est pas fait pour se lever à 4h30 (rires). On ne s’habitue pas, mais toute sa vie est réglée sur ce réveil. Pour vraiment tenir le coup, il faut se coucher à l’heure où tout le monde commence sa soirée. Ce n’est pas triste, c’est déprimant mais on est contents de se lever (rires).

L’équipe est presque la même, on retrouve Isabelle et Glandu. Est-ce qu’il va y avoir des nouveautés dans l’année ?

Ce sont des petites choses qui changent, on prend plus de gens au téléphone. On a eu pas mal de nouveautés en fin de saison dernière qu’on a gardées cette année. On termine l’émission avec « les questions puputes » [des dilemmes posés à l’équipe, N.D.L.R.]. C’est le truc qui nous fait bien rire. Les nouveautés, il y en a tout le temps. À la rentrée, on fait une idée en plus, mais il y en aura une autre dans un mois, etc. On va aussi essayer de créer des événements où on se dit qu’il se passe un truc à la radio.

La fin des vacances, la rentrée scolaire, les thèmes sont les mêmes chaque année. Est-ce qu’on ne commence pas à se lasser au bout d’une décennie ?

On ne se lasse parce qu’on raconte beaucoup de choses, les auditeurs aussi et on essaye de ne pas faire les mêmes sujets. Oui, on parle de vacances, c’est classique mais c’est un peu comme tout le monde. Chaque année tout le monde rentre et raconte ses vacances à la machine à café. On fait pareil parce que nos vacances sont différentes d’année en année. On essaye de choper les moments marquants et insolites qui se sont passés, sinon ce n’est pas très drôle.

L’émission ressemble à un « joyeux bordel organisé ». Comment se prépare la matinale ?

Après chaque émission, on se fait une courte réunion de 5 à 15 minutes. On se dit que telle ou telle séquence était bien, pas terrible, à refaire, etc. Ensuite, chacun vaque à ses occupations et on bosse tous à distance. On a des outils qui nous permettent de ne pas avoir de bureaux. Les sujets, c’est nous qui les choisissons, selon ce qui nous arrive, un sondage que l’on aurait vu. Les meilleures émissions sont les plus préparées dans lesquelles on ne fera pas tout ce qui a été préparé. Il y a une base, on sait qu’elle est là, et puis il y a un truc qu’on appelle le feu sacré, tout part dans tous les sens et ça fait de super émissions.