Coronavirus : Les représentants du spectacle vivant prônent l’abandon de la distanciation entre les spectateurs

CULTURE Plusieurs représentants du secteur ont commencé à rencontrer la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, qu’ils ont trouvé « à l’écoute »

20 Minutes avec AFP

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Des spectateurs au Zenith de Nante
Des spectateurs au Zenith de Nante — FABRICE ELSNER/20MINUTES

Les représentants du spectacle vivant ont commencé mercredi à rencontrer Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, qu’ils décrivent « à l’écoute », soucieuse de « la reprise » d’activité, soit un « motif d’espoir » dans le contexte sanitaire actuel.

« Mme Bachelot a bien compris notre point de vue, c’est un motif d’espoir : pour nous, la distanciation impose des jauges trop dégradées, nous devons avoir des jauges à 85 % », a rapporté Malika Seguineau, du Prodiss (Syndicat national des producteurs, diffuseurs, festivals et salles de spectacles).

« Nous croyons dans la responsabilité des spectateurs »

La première organisation patronale du spectacle musical dans le privé a donc demandé « à faire évoluer les règles sanitaires », en abandonnant par exemple, quand c’est possible, la distanciation (spectateurs séparés par des sièges vides, etc), avec en contrepartie un port du masque obligatoire. « Nous croyons dans la responsabilité des spectateurs, comme quand ils prennent le métro, le train, l’avion, comme quand ils reprendront le chemin du bureau en septembre ».

La ministre a été « à l’écoute, elle souhaite la reprise (d’activité) et nous a dit qu’elle ne cesse d’échanger avec Matignon, l’Elysée, Bercy ; elle connaît bien la machine de l’Etat », précise Malika Seguineau.

« Cela nous redonne du baume au cœur, on sent une volonté de défendre ce qui est possible », ajoute auprès de l’AFP Pierre-Alexandre Vertadier, producteur de concerts, qui n’a pas rencontré la ministre mais s’est informé auprès de ses représentants.

Une entreprise sur deux menacée

Le Prodiss a également réclamé des mesures d’accompagnement « pour ceux qui ne pourront pas reprendre », détaille Malika Seguineau, comme « la prolongation des mesures d’activité partielle au moins jusqu’à la fin de l’année et, au-delà, jusqu’à la reprise d’activité ».

Le syndicat souhaite aussi « une aide directe massive, avec une enveloppe de 300 millions d’euros pour réinjecter du cash dans les entreprises », rappelant qu'« une sur deux est menacée ». « Notre secteur est à l’arrêt depuis six mois, or il représente 2,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 135.000 emplois », insiste Malika Seguineau.

« Clarification du cadre des dérogations »

Le Prodiss veut enfin une « clarification du cadre des dérogations ». Celle accordée ce week-end au Puy-du-Fou (jauge autorisée de 9.000 personnes alors que les rassemblements sont limités à 5.000 jusqu’à fin octobre) a fait grincer les dents dans la culture.

Roselyne Bachelot n’a pas prévu pour l’heure de prise de parole. A son ministère, rue de Valois, on fait savoir que la « philosophie » de la ministre est que le spectacle vivant « rouvre », avec un « chemin à trouver pour sauver le secteur ». Et de rappeler que la ministre n’est « pas seule à décider » et que toute « stratégie » sera élaborée « en coordination avec le Premier ministre ».