Le Youtubeur français ExperimentBoy accusé de corruption de mineur

13 ANS Deux plaintes ont été déposées contre ExperimentBoy, révèle le magazine en ligne « Numérama »

A.L.

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Capture d'écran du site « Numérama »
Capture d'écran du site « Numérama » — Capture.

Le Youtubeur français ExperimentBoy, qui compte plus d’un million d’abonnés aujourd’hui sur ce réseau social, est accusé de corruption de mineurs par une dizaine de personnes interviewées par le site Numérama. Parmi elles, deux ont porté plainte. Un dossier de signalement collectif a également été envoyé en juin 2020 au Procureur de la République, annonce le magazine en ligne.

Les faits s’étendent de 2013 à 2019, selon cette enquête de la journaliste Marie Turcan. Ils ont été révélés notamment parce qu’un jeune homme, Quentin, les a dénoncés début mars dans un tweet : « Il a utilisé sa notoriété pour m’utiliser comme un esclave sexuel à distance. J’avais 13 ans, sans pouvoir consentir à une telle chose. » A l’époque, ExperimentBoy a 23 ans, selon les captures d’écran diffusées par Numérama.

« Aspect malsain »

Cinq autres personnes étaient des mineurs de moins de 15 ans au moment des faits. C’est le cas d’un autre ado qui a souhaité rester anonyme et est nommé Pierre par Numérama, qui a aussi 13 ans lorsqu’il commence à échanger avec ExperimentBoy en 2013. A l’époque, le Youtubeur a 19 ans.

« Il m’expliquait comment me masturber, me donnait des conseils (…) Je ne captais pas l’aspect malsain du truc, raconte Pierre, qui ajoute : Chaque conversation lancée, sur Skype ou Hangouts, avait pour but de diverger vers un truc sexuel. ».

« Je me suis rendu compte que j’étais une victime »

La deuxième plainte émane d’un autre garçon, appelé Jason par Numérama, qui a 16 ans et 11 mois au moment des faits, quand son Youtubeur préféré en a 24. « Yes, but remember my age », le prévient Jason en anglais (« Oui, mais souviens-toi de mon âge »), au moment où le Youtubeur initie une conversation sexuelle.

Plus tard quand Jason retombera sur ces messages, il ressentira un profond malaise : « J’ai regardé à nouveau ces conversations, et je me suis rendu compte qu’il y avait un problème. Je me suis rendu compte que j’étais une victime. » Il a porté plainte en juin 2020.

Ce que dit la loi

La corruption de mineur est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende. Le Larousse la définit comme un « délit consistant à éveiller les pulsions sexuelles d’un mineur, par exemple en le rendant témoin d’actes sexuels, en lui procurant des objets ou des documents pornographiques. » La Cour de Cassation a précisé en 2013 qu’il s’agit d’« agissements, qui par leur nature, traduisent, de la part de leur auteur, la volonté de pervertir la sexualité d’un mineur ».

Les propositions sexuelles d’un majeur à un mineur de moins de 15 ans en utilisant un moyen de communication électronique sont également punies par la loi de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende.