« Ghost of Tsushima » : Autant en emporte le vent dans un jeu hommage aux films de samouraïs

JEU VIDEO « Ghost of Tsushima » est le dernier des jeux de samouraïs, avec un monde ouvert aux combats et à la sérénité, et un penchant pour l'âge d'or du cinéma japonais

Vincent Julé

— 

« Ghost of Tsushima » rend hommage aux films de samouraï en général, et au cinéma d'Akira Kurosawa en particulier
« Ghost of Tsushima » rend hommage aux films de samouraï en général, et au cinéma d'Akira Kurosawa en particulier — Sony
  • Après Sekiro et Nioh 2, c'est au tour de Ghost of Tsushima de dégainer son katana vendredi, exclusivement sur PS4
  • Le jeu est signé par le studio américain Sucker Punch, qui s'était déjà attaqué à la figure du super-héros avec la série des Infamous
  • Ghost of Tsushima alterne violence et sérénité, dans la pure tradition des films de samouraïs à la Akira Kurosawa

Sekiro, Samourai Shodown, Nioh 2Ghost of Tsushima arrive presque après la bataille des jeux de samouraï. Une « mode » que le directeur artistique du jeu, Jason Connell, ne s’explique pas vraiment, comme ses concurrents avant lui. « Les grands esprits se rencontrent, tente-t-il. Je pense plus sérieusement que la figure du samouraï ou du ninja est à la fois immédiatement identifiable et très inspirante. Pour Infamous, notre précédent titre chez Sucker Punch, nous voulions faire un jeu de super-héros. A partir de là, un champ des possibles s’ouvrait à nous, et il en est de même avec le samouraï. Il vient avec une histoire, des représentations, des oeuvres déjà inexistantes : films, séries, comics et même jeux. Tu pars de cet imaginaire pour mieux construire le tien. »

La voie tranquille du samouraï

Exclusivité PlayStation 4 disponible vendredi et dernier grand jeu de la machine, avec The Last of Us Part II, Ghost of Tsushima raconte le destin de Jin Sakai, un samouraï du Japon féodal, époque Kamakaru, qui doit faire face à l’invasion mongole sur l'île de Tsushima en 1274. Pour ce faire, il doit apprendre la voie du fantôme. « C’est l’histoire d’un samouraï en particulier, l’histoire d’une transformation, commente Jason Connell. Vous devez comprendre qu’est-ce qui fait de lui un samouraï, pour mieux l’accompagner dans sa transformation en fantôme. » Le gameplay invite bien sûr au combat, en maniant le katana et le kunai, en détournant l’attention ou encore en insinuant la peur dans l’esprit des ennemis. « Si vous êtes doué, vous pouvez tuer en un ou deux coups, avec style », ajoute le directeur artistique. Mais il est aussi possible de préférer la furtivité, le silence.

Ressentir la beauté et la sérénité

Comme son titre l’indique, l’autre héros de Ghost of Tsushima est l’île elle-même, un open world pour lequel les équipes de Sucker Punch ont tout donné. « Notre principal objectif était l’immersion dans un monde réaliste, cohérent, silencieux aussi, explique Jason Connell. Que le joueur ressente la beauté et la sérénité de l’île, terre natale de Jin, et le contraste brutal avec des moments de mort et de destruction. » Comme dans Red Dead Redemption, le joueur peut suivre l’histoire, les missions, ou un coucher de soleil, un renard sauvage. « Nous avons testé le jeu, et certains joueurs passent des heures non pas à réussir le jeu, mais à réussir autre chose, de plus personnel. »

Un hommage aux films d’Akira Kurosawa

Sucker Punch met à disposition plusieurs fonctionnalités pour capter ces moments suspendus, avec un mode photo qui permet d’ajuster les couleurs, la profondeur de champ, la musique ou encore le vent. Le vent joue un rôle important dans le jeu, puisque dans ce monde toujours en mouvement, il sert de guide au joueur, « d’une manière minimaliste, immersive, cinématographique », précise Jason Connell, pas peu fier de sa trouvaille. Il y a même un mode cinéma avec image granuleuse en noir et blanc, barres noires horizontales ou encore voix japonaises, comme dans un film d’Akira Kurosawa. Il s’appelle d’ailleurs le « Kurosawa Mode ». « L’idée est vraiment de laisser le joueur être absorbé, inspiré par un paysage, une scène, un instant, insiste Jason Connell, et en faire ce qu’il veut, un bout d'art, et le partager. »