Saint-Malo : « On ne respire plus »… Le festival No Logo simule l’enterrement du spectacle vivant

CULTURE Les responsables du festival de reggae ont reporté leur événement en septembre en raison de l'épidémie de coronavirus

Camille Allain

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Le directeur du festival No Logo, événement reggae installé à Saint-Malo, ici le 29 juin 2020 devant la DRAC à Rennes.
Le directeur du festival No Logo, événement reggae installé à Saint-Malo, ici le 29 juin 2020 devant la DRAC à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • « Nous voulons participer à la reprise du spectacle vivant. Mais on ne sait toujours pas si nous pourrons organiser notre festival. Cette situation est infernale mais on y croit », assure Michel Jovanovic, fondateur du festival No Logo implanté dans le Jura et en Bretagne.
  • « Il faut saisir cette opportunité de l’été pour retrouver notre public, lui montrer qu’il peut nous faire confiance », estime le patron du festival.

Ils n’abdiquent pas. A Saint-Malo​, les équipes du festival No Logo n’avaient pas envie de planter leurs 25.000 spectateurs. Le rendez-vous des amateurs de reggae qui devait se tenir du 14 au 16 août a donc été décalé d’un mois et devrait se tenir les 11, 12 et 13 septembre sur le site du fort Saint-Père. Un pari risqué mais parfaitement assumé par le festival malouin qui veut inciter l’État à statuer, même en période d'épidémie de coronavirus. « Nous voulons participer à la reprise du spectacle vivant. Mais on ne sait toujours pas si nous pourrons organiser notre festival. Cette situation est infernale mais on y croit », assure Michel Jovanovic, fondateur du festival implanté dans le Jura et en Bretagne.

Lundi après-midi, les équipes du No Logo ont symboliquement déposé un cercueil devant la Direction régionale des affaires culturelles, à Rennes, où il était inscrit : « le spectacle veut rester vivant. Nous ne pouvons plus respirer ». Un appel à l’aide mais surtout une alerte à destination de l’État, à quelques jours de la fin de l’état d’urgence sanitaire annoncé pour le 10 juillet. « Il faut saisir cette opportunité de l’été pour retrouver notre public, lui montrer qu’il peut nous faire confiance », estime le patron du festival.

Earth Wind and Fire et de Groundation ne viendront pas

S’il a réussi à trouver une nouvelle date dans son agenda, le No Logo a dû s’adapter à plusieurs annulations de groupes programmés en août mais qui ne pourront être présents en septembre. Les Américains d’Earth Wind and Fire et de Groundation, qui faisaient partie des têtes d’affiche, ne viendront pas, pas plus que l’Australienne Nattali Rize. « Ils venaient en Europe pour des tournées mais tout a été annulé », explique l’une des membres de l’équipe du No Logo. A la place, le programmateur a convaincu Tiken Jah Fakoly et La Rue Kétanou de venir jouer à Saint-Malo. « Il y a beaucoup de lieux qui ne savent pas s’ils peuvent faire des concerts. On ne nous dit rien et on ne respire plus », témoigne Alee, qui doit jouer au No Logo avec son projet hip-hop Al’Or, porté avec Ordœuvre.

En étant décalé en septembre, le festival de reggae breton espère profiter d’une jauge d’au moins 5.000 personnes comme l’autorise pour l’heure le gouvernement jusqu’au 31 août. En attendant d’autres clarifications, le festival a prévu de faire deux jauges de 5.000 et 3.500 personnes sur chacune de ses scènes afin d’augmenter un peu la capacité et d’espérer rentrer dans ses frais. Pour les spectateurs, il faudra passer par une zone tampon gérée par un important service de sécurité.

« Ce sera contraignant mais si c’est la seule solution pour se maintenir, alors nous le ferons », glisse Michel Jovanovic. Reste à savoir si la préfecture l’acceptera. La décision est espérée courant juillet.