PC Engine Core Grafx mini : Une console méconnue mais culte pour les fans de jeu vidéo

RETROGAMING Du haut de ses 8 bits, la discrète PC Engine a tenu tête aux 16 bits de la Super Nintendo et de la Mega Drive, et fait rêver de nombreux gamers français. Elle est disponible depuis mercredi

Vincent Julé

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La PC Engine Core GrafX mini rappelle l'époque où une console 8 bits avait tenu bon face aux 16 bits de la Super Nintendo et de la Mega Drive
La PC Engine Core GrafX mini rappelle l'époque où une console 8 bits avait tenu bon face aux 16 bits de la Super Nintendo et de la Mega Drive — Konami Digital Entertainment
  •  La PC Engine Core GrafX mini de Konami, console emblématique des années 1990 et générations 8 et 16 bits, est disponible depuis mercredi. 
  • Née de la rencontre entre l’éditeur de jeux Hudson Soft et le fabricant de composants électroniques NEC, la PC Engine est une merveille technologique de son temps.
  • Elle embarque des jeux tous formats confondus (HuCard, CD-ROM², Super CD-ROM², Arcade CD-ROM², SuperGrafx…), réunis en deux catalogues, celui de la PC Engine japonaise et celui de la TurboGrafx-16 américaine.

NES, Super Nintendo, Mega Drive, Atari, PlayStation, Neo Geo… Quand s’arrêtera la folie des consoles mini ? Peut-être quand elles tiendront dans la paume de la main et seront (in) jouables à la loupe. C’est le drôle de projet de Sega pour ses 60 ans avec la Game Gear Micro. Mais d’ici sa sortie à l’automne, les retrogamers peuvent se replonger dans les folles années 1990 avec la PC Engine Core Grafx mini de Konami, disponible depuis mercredi. Moins connue, du moins en France, que ses concurrentes de Nintendo et Sega, la console n’en reste pas moins emblématique des générations 8 et 16 bits.

Une console 8 bits au niveau des 16 bits

« Il faut bien se rendre compte qu’à l’époque, nous sommes en 1987-1988, les consoles 8 bits NES et Master System débarquent en France, et au même moment, tu as la PC Engine au Japon, raconte Asenka, spécialiste du rétrogaming et à l’œuvre dans l’excellente émission Hard Looters, guide des meilleures boutiques geeks du Japon, diffusée sur Game One et YouTube. Il s’agit également d’une 8 bits, mais elle est loin devant technologiquement partant. Certains jeux sont même plus beaux sur PC Engine que sur Mega Drive. »

Une machine « surdouée » pour reprendre le titre du portrait que lui a consacré JV le mag et que Gamekult publie sur son site. Née de la rencontre entre l’éditeur de jeux Hudson Soft et le fabricant de composants électroniques NEC, la PC Engine est une « merveille technologique, écrit le journaliste Yann François, avec une unité centrale en 8 bits mais un processeur graphique capable de générer 512 couleurs, chose que seules les prochaines 16 bits concurrentes seront capables de réaliser ». C’est aussi LA console des programmeurs, une Rolls pour les développeurs, ajoute Asenka. : « Elle éclate tout ce qui existe alors. On parle d’Atari ST, d’Amiga, de NES. Donc quand tu vois tourner le jeu R-Type sur PC Engine, tu hallucines, tu crois être devant la version arcade ».

Nouveau look pour une nouvelle vie

Succès au Japon, où elle était la vraie concurrente de la Super Nintendo (et pas la Mega Drive), la PC Engine s’est faite plus discrète à l’international, et en France, tout en jouissant d’une aura auprès des aficionados. A la manière de «l'inaccessible» Neo Geo. « Comme souvent avec les Japonais, ils n’ont pas vu au-delà de leur île, commente Asenka. Les revues en parlaient, les spécialistes aussi, et un magasin parisien, Shoot Again, a importé les premiers exemplaires, mais il a fallu attendre que la société SODIPENG achète les droits et la distribue officiellement. » Une société des frères Guillemot, oui, les mêmes frères derrière Ubisoft.

A chaque région du monde sa PC Engine, et maintenant sa version mini
A chaque région du monde sa PC Engine, et maintenant sa version mini - Konami Digital Entertainment

C’est un nouveau modèle de PC Engine, relookée et renommée CoreGrafX, qui sort en France – les Etats-Unis auront le droit à la TurboGrafx-16, un petit mensonge puisqu’elle reste une 8 bits. Des appellations différentes que l’on retrouve pour les éditions mini, selon la région du monde. En sept ans d’existence, la PC Engine connaîtra d’ailleurs nombre d’extensions et déclinaisons, de l’ajout d’un lecteur CD (une première pour une console) à la PC Engine GT, une portable couleur. La PC Engine mini embarque d’ailleurs des jeux tous formats confondus (HuCard, CD-ROM², Super CD-ROM², Arcade CD-ROM², SuperGrafx…), réunis en deux catalogues, celui de la PC Engine japonaise et celui de la TurboGrafx-16 américaine.

La reine des shoot’em up

Soit une cinquantaine de titres parfaitement émulés et même recontextualisés en français. L’interface, très intuitive, permet de switcher d’un catalogue à l’autre, de choisir son format d’image, ou de savoir à quelle version du jeu on joue. Le joueur peut donc vérifier à loisir la réputation de reine des shoot’em up, ces jeux de tir à la Space Invaders. « En termes de graphismes, de sprites et de scrolling, c’était en effet la machine rêvée pour les shoots, confirme le showrunner de Hard Looters. Lords of Thunder et Spriggan sont parmi les meilleurs du genre. » On ajoute PC Kid et Ghouls’N Ghosts, références du jeu de plateforme, les jeux de rôle Ys, ou le célèbre Bomberman.

« Il faut savoir qu’un jeu comme Dracula X tourne autour des 250 € aujourd’hui à la revente, et on monte jusqu’à 1.000 € pour Sapphire, explique Asenka. Là, tu les as pour 109,99 €. » Un tarif plus élevé que les autres consoles mini, auquel il faut ajouter le coût d’une deuxième manette, comme pour rappeler que la PC Engine s’adresse en priorité aux nostalgiques et aux collectionneurs.