VIDEO. « La rue est devenue une vitrine ». La Bretagne, une vraie terre de street art

ARTS Un livre sur les plus belles œuvres d’arts urbains de la région vient de sortir

Camille Allain

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Aero est l'un des noms du street-art les plus connus à Rennes.
Aero est l'un des noms du street-art les plus connus à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Un livre sur le street art en Bretagne vient de paraître et fait la part belle aux artistes locaux.
  • Le street-art est aujourd’hui devenu une vitrine du talent des artistes de rue, du tag au graffiti.
  • De nombreux artistes vivent aujourd’hui de leur passion.

« Souvent, quand je peins, je vois des gens venir me remercier. C’est toujours bien perçu ». Du haut de ses 46 ans, Pakone est l’un des artistes de rue les plus influents à Brest. Dans une ville réputée pour son temps maussade et ses murs gris, l’homme prend un malin plaisir à mettre de la couleur là où il y en a peu. Ce n’est pas un hasard si son superbe cerisier aux feuilles rose fluo a été choisi pour faire la couverture du livre Street art, les arts urbains en Bretagne, paru il y a quelques jours aux éditions Ouest-France.

Rédigé par la journaliste spécialiste du street art Violaine Pondard, l’ouvrage met à l’honneur les meilleurs artistes de la région, de Brest à Nantes, en passant par Lorient, Vannes et Rennes. « Il y a des crews très actifs dans toute la Bretagne. Les artistes voyagent beaucoup, donc on retrouve leurs œuvres un peu partout. Dans le livre, on a même des choses peintes à Carhaix ou à Rostrenen ». Des communes rurales où l’on n’imagine pas croiser des pros de la bombe.

Au détour de 200 pages très imagées, la journaliste tente de peindre un portrait de l’art du graffiti et du tag dans la région. « La pratique a beaucoup changé et la rue est devenue une vitrine. Aujourd’hui, la plupart en vivent », explique l’auteure.

War ? « C’est un peu le Banksy breton »

A Rennes, elle a pu prendre contact avec l’énigmatique War, qui peint ses animaux dans toute la ville mais préfère garder l’anonymat. « C’est un peu le Banksy breton. Il a beaucoup de talent mais je ne le mets pas au-dessus des autres. Il y a beaucoup d’autres artistes très talentueux, qui ont une patte », estime l’auteure, qui réfute toute idée « d’identité bretonne ». « Chacun a son univers ». On peut notamment citer le très réaliste Rennais Aero, « l’ancien » Breze, le Brestois Wen2 ou encore le jeune Sarim, à Concarneau. Et les filles alors ? « Il y en a mais elles ne sont pas majoritaires », répond la journaliste.

Dans chaque ville où elle est passée, Violaine Pondard s’est fait accompagner par un artiste local, qui lui a montré les spots immanquables. « Il y a beaucoup de bouquins qui sortent sur le street art. Celui-là, je trouve qu’il y a pas mal de texte, des portraits des graffeurs. Ça sort un peu l’artiste de l’anonymat », estime Pakone. Un autre artiste local se montre plus réservé. « Ce livre est sans prétention, c’est pour le grand public ».