Fête de la musique à Bordeaux : « On va être un des tout premiers opéras à rouvrir ses portes »

INTERVIEW L’opéra de Bordeaux propose trois spectacles gratuits dimanche pour la Fête de la musique

Propos recueillis par Mickaël Bosredon

— 

Opéra de Bordeaux, Grand Théâtre
Opéra de Bordeaux, Grand Théâtre — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Après trois mois de fermeture et une perte estimée aux alentours de 2 millions d’euros, l’opéra de Bordeaux va rouvrir ses portes au public ce dimanche.
  • Pour la Fête de la musique, l’établissement a concocté trois spectacles sur mesure, respectant les règles de distanciation.
  • Dans quelques jours, l’ONB annoncera sa saison 2020-2021, avec deux grands opéras au programme.

L'Opéra de Bordeaux rouvrira ses portes ce dimanche, pour la Fête de la musique, avant de présenter sa saison 2020-2021 le 24 juin, au cours de laquelle deux grands opéras seront donnés, La Traviata et Carmen. 20 Minutes a interrogé l’administrateur général de l’ONB, Olivier Lombardie.

Olivier Lombardie, administrateur de l'Opéra national de Bordeaux

Vous présentez un riche programme pour la Fête de la musique, dimanche, comment avez-vous réussi à vous organiser ?

Déjà, on va être un des tout premiers opéras de France à rouvrir ses portes au public, ce dimanche. On s’est mobilisé extrêmement vite, dès les annonces d’Edouard Philippe sur la réouverture des théâtres. En quinze jours, on a mis en place des programmes permettant de respecter les contraintes sanitaires sur le plateau. Nous allons ouvrir gratuitement les deux théâtres, et nous aurons nos trois forces musicales en présence, même si les effectifs seront relativement limités en raison de la distanciation d’1,50 m. Mais il y aura quand même à midi Pierre et le Loup de Prokofiev, qui est à la fois un programme pour enfants et un tube de la musique classique. A 17 h, on aura La classe du ballet – deux danseurs et un narrateur –, et le soir nous ouvrons l’auditorium avec un concert exceptionnel : le Requiem de Fauré avec le chœur de l’ONB et Florian Sempey, notre star bordelaise, un programme de Mahler, et deux gros tubes pour finir, le 1er mouvement de la 5ème de Beethoven et le 4ème mouvement de la 7ème.

Il ne devrait pas y avoir beaucoup d’événements pour cette Fête de la musique, vous ne craignez pas un afflux de spectateurs ?

Ce sont des spectacles gratuits mais sur réservation, et en deux heures nous étions sold out. C’est une bonne nouvelle, cela montre que le public veut revenir. Cela ne veut pas dire non plus qu’il ne restera pas de places dimanche, on sait que pour les spectacles gratuits certains ont la réservation facile, sans être sûr de pouvoir venir. Pour respecter un siège sur deux, les jauges sont de 450 places dans le Grand-Théâtre et 670 à l’auditorium, voire un peu plus, car on acceptera que les groupes ou les couples puissent se mettre côte à côte. Pour toutes ces raisons, on peut assurer qu’il y aura encore des places dimanche. Mais en nombre limité.

Vous allez présenter votre saison 2020-2021 dans quelques jours. Comment est ce que l’on monte un programme dans ces conditions ?

Aujourd’hui, les spectacles scéniques ne peuvent pas avoir lieu en respectant les contraintes sanitaires. C’est pour cela que jusqu’à juillet, on invente des spectacles respectant cette distanciation. Pour la saison prochaine, le plus compliqué est de ne pas connaître les règles du jeu. Mais nous avons décidé de tabler sur le fait que les contraintes sanitaires sur le plateau seraient levées en septembre. Et en fonction, on s’adaptera, sachant que l’on part sur un riche programme puisque certains des spectacles qui n’ont pas été joués cette année, seront reprogrammés. Par ailleurs, je peux vous annoncer deux grands opéras qui seront donnés, puisque l’on commencera la nouvelle saison par La Traviata et que nous la terminerons par Carmen.

Financièrement, quel impact a eu la crise sur l’établissement ?

C’est un peu tôt pour faire les comptes, car on ne sait pas comment va réagir le public à la rentrée. Mais on est au-delà de 2 millions d’euros de pertes, c’est très lourd. Ce qui m’inquiète, c’est la persistance d’un modèle de service public culturel ouvert à tous, avec des moyens importants permettant d’offrir au plus large public possible, des œuvres incontournables du patrimoine.