« Autant en emporte le vent » : Une nouvelle traduction du roman sort, entre « féminisme » de Scarlett O'Hara et « naissance de l’Amérique moderne »

TRADUCTION Alors que le film « Autant en emporte le vent » a été temporairement retiré du catalogue HBO, le roman de Margaret Mitchell sort ce jeudi avec une nouvelle traduction

A.D.

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Vivien Leigh, l'interprète de Scarlett O'Hara dans «Autant en emporte le vent».
Vivien Leigh, l'interprète de Scarlett O'Hara dans «Autant en emporte le vent». — INTERFOTO USA/SIPA

Une nouvelle traduction en français par Josette Chicheportiche du classique de Margaret Mitchell Autant en emporte le vent, paru aux Etats-Unis en 1936 et prix Pulitzer en 1937, est publiée ce jeudi aux éditions Gallmeister.

Cette nouvelle traduction sort alors que l’adaptation filmique de Victor Fleming de 1939 est au cœur des débats après que HBO a décidé de retirer temporairement le long-métrage aux dix oscars de sa plateforme HBO Max, en plein mouvement de protestation contre le racisme et les violences policières visant les Noirs aux Etats-Unis. La plateforme prévoit de remettre le film, jugé raciste, en ligne mais avec une contextualisation pour resituer l’œuvre dans son époque.

Cette nouvelle traduction paraît après que l’œuvre de Margaret Mitchell est tombée dans le domaine public en 2020. Le roman de Margaret Mitchell est initialement sorti en France en 1939 chez Gallimard, traduit par Pierre-François Caillé. Une traduction qui avait été saluée par l’autrice parce que Pierre-François Caillé s’était efforcé de restituer le langage des esclaves noirs.

Scarlett O’Hara, « une féministe avant l’heure »

Le roman suit les aventures de Scarlett O’Hara, riche héritière du Sud des Etats-Unis dont les parents possèdent une plantation appelée Tara, sur fond de guerre de Sécession, qui divise l’Amérique autour de la question de l’esclavage. « J’ai surtout découvert Scarlett O’Hara, une femme très en avance sur son temps, une féministe avant l’heure », explique la traductrice Josette Chicheportiche, au micro de France Culture. « Je me suis dit que ce livre était extrêmement moderne et qu’il fallait le republier », estime de son côté Oliver Gallmeister.

Selon l’éditeur, l’œuvre de Margaret Mitchell « montre un monde en fin de vie », « qui reposait sur l’esclavage », détruit par la guerre de Sécession. La saga montre aussi « comment ces deux Amérique vont avoir du mal à se réconcilier ». Et c’est ce qui fait l’intérêt de l’œuvre de l’autrice : « Toutes les luttes que l’on peut voir aujourd’hui aux Etats-Unis sont expliquées par ce qui s’est passé à ce moment-là de l’histoire américaine. La guerre de Sécession, c’est la naissance de l’Amérique moderne avec tout ce qu’il y a de positif et de négatif. Et les contradictions culturelles, entre la vieille Amérique issue de l’Europe et la nouvelle Amérique libérale, sont en germe dans ce conflit-là. »