« The Last of Us Part II » : Une expérience viscérale et un grand jeu pour dire adieu à la PS4

SANS SPOILERS Today is the day, il est enfin possible de jouer à « The Last of Us Part II »

Vincent Julé

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Dans « The Last of Us Part II », Ellie s'accorde une pause guitare entre deux assauts d'infectés
Dans « The Last of Us Part II », Ellie s'accorde une pause guitare entre deux assauts d'infectés — Naughty Dog / Sony
  • Le jeu très (très) attendu The Last of Us Part II sort ce vendredi sur PS4.
  • Comme le premier, il offre une expérience narrative et émotionnelle rare.
  • 20 Minutes y a joué et vous en parle sans spoiler (on a signé de notre sang).

Avec 20 millions d'exemplaires écoulées sur PS3 et PS4 (pour le Remastered), The Last of Us est l’exclusivité PlayStation la plus vendue de tous les temps. Mais The Last of Us n’est pas une histoire de chiffres, ou même de tops (il est partout), le jeu de Naughty Dog est une affaire personnelle pour les joueurs. Un lien intime s’est créé entre eux et les héros Joel et Ellie, père et fille d’adoption forcée dans une Amérique post-apocalyptique. Motion capture, graphismes, musique, scénario, gameplay… Tout, dans les moindres détails, était acquis, voire s’effaçait derrière l’émotion. Une émotion réelle mais retorse, lorsque – SPOILERS – la fin remettait en perspective les actes de Joel, et donc du joueur. Le jeu l’obligeait à sacrifier le reste de l’humanité pour sauver Ellie.

Ue relecture du premier jeu ?

Sept ans plus tard, le jeu est encore dans tous les esprits (une série HBO est en préparation), et sa suite très attendue, mais aussi très mystérieuse. Malgré des fuites, Sony et Naughty Dog ont pris bien soin de préserver l’aventure qui attend le joueur, que ce soit dans la promotion ou dans les accords de non-divulgation signés par la presse. Cet article n’y échappe pas, et c'est normal. Pour rendre compte de la nature de The Last of Us Part II sans rien divulgâcher, il faut reprendre les propos de son créateur Neil Druckmann : « Si, dans le premier jeu, le thème était l’amour, le second en est la contre-partie. Il y est question de haine. »

« The Last of Us Part II » propose un gameplay plus riche et plus profond pour des combats plus intenses et une immersion totale
« The Last of Us Part II » propose un gameplay plus riche et plus profond pour des combats plus intenses et une immersion totale - Naughty Dog / Sony

Au prologue intense en plein effondrement de la civilisation de The Last of Us, la suite répond par la quiétude de la communauté de Jackson, entre chevauchée à cheval, bataille de boules de neige et triangle amoureux. Mais un événement tragique pousse Ellie à partir, et à se frotter de nouveau aux infectés, ainsi qu’à deux nouvelles factions humaines, les militarisés Wolves et les fanatiques Scars. Elle n’est pas seule, son amie (petite amie ?) Dina l’accompagne et l’aide à accomplir sa vengeance. Si The Last of Us Part II peut se présenter comme une relecture du premier, l’objectif final n’est pas le même, le moteur émotionnel non plus.

Tout est dans les détails

Le studio Naughty Dog aime répéter que la réussite de ses jeux se loge dans les détails, et cette suite ne peut que lui donner raison. Du jeu subtil des acteurs parfaitement motion capturé aux décors à tomber par terre, de beauté ou de peur, en passant par un gameplay intuitif et approfondi, le joueur vibre à chaque instant. Et la vibration de la manette DualShock n’y est pour rien. Si cette Part 2 est toujours un jeu d’aventure et de survie somme toute classique mais diablement efficace, avec combats brutaux, séquences tendues et un penchant affirmé pour l’infiltration, c’est dans les à-côtés, et donc les détails, qu’il se dévoile et se déploie : une visite au musée, un flash-back impromptu, les dialogues in-game, ou encore cette guitare que le joueur est invité à gratter régulièrement. Il pourrait s’interroger sur l’intérêt de ce gameplay, proche de zéro, mais il n’a pas le temps de se poser la question, il a besoin de cette guitare, il est envahi par l’émotion.

The Last of Us Part II fait ainsi se répondre en permanence les gameplays, les points de vue, les violences, ainsi que cinématique et jeu, action et errance, humain et solitude… Il joue également sur la longueur, 25-30 heures de jeu, près de deux fois plus que le premier, pour installer une empathie, et mieux la malmener. L’expérience prend aux tripes, dans tous les sens du terme, et comme le premier Last of Us pour la PS3, cette suite est la plus belle manière de dire adieu à la PS4. Avec la PlayStation 5 tout juste dévoilée, on peut commencer à rêver à un troisième (et ultime ?) épisode.