Mort de Guy Bedos : « Humoriste, philosophe, défenseur des humiliés et offensés »… Les hommages se multiplient

HOMMAGE Guy Bedos est mort ce jeudi à l’âge de 85 ans. Anonymes, fans, personnalités sont nombreux à rendre hommage à l’homme plein de conviction et de principes qu’était l’humoriste

F.H.

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Guy Bedos sur la scène de l'Olympia en 2002.
Guy Bedos sur la scène de l'Olympia en 2002. — HOUNSFIELD/SIPA

Même les meilleures blagues ont une fin. Guy Bedos est décédé ce jeudi à 85 ans. Son fils, Nicolas, l’a annoncé sur Instagram. Et ce, quelques jours après le décès de l’un de ses grands amis Jean-Loup Dabadie, qui lui avait écrit des sketchs.

Guy Bedos était un artiste – humoriste, acteur, réalisateur – mais c’était également un homme engagé, une figure de la gauche intellectuelle.

D’où les nombreux hommages qui ont été postés sur les réseaux sociaux à l’annonce de sa mort. Et le décès d’un homme de spectacle ne peut qu’être accompagné de quelques mots du ministre de la Culture.

Muriel Robin, qui considérait Guy Bedos comme son « grand frère » et qui a joué sur scène avec lui en 1992-1993, a déclaré à l’AFP : « Guy était un sale gamin qui aimait aller là où ça pique. C’était un homme courageux et d’engagement, jusqu’à l’acte sur le terrain. Il ne se contentait pas de penser dans son salon. Dans la vie, il était beaucoup de tendresse et de douceur. On avait fini par savoir qu’il n’était pas que ce qu’il avait l’air d’être. Avec Jean-Loup Dabadie la même semaine, les gens d’esprit s’en vont ces temps-ci. C’est quelque chose qui est en voie de disparition. A croire qu’ils se sont donnés le mot… C’est une partie de nos vies qui s’en va ».

« Pas un ricaneur »

Pour Jean-Michel Ribes, directeur du théâtre du Rond-Point, il était « était absolument fusionnel avec l’idée du rire de résistance. Il faisait partie des humoristes qui ne sont pas des ricaneurs. Derrière le grand talent de déclencher le rire avec truculence et provocation, il y avait aussi celui d’un poète ».

Guy Bedos était Simon dans Un éléphant ça trompe énormément et dans sa suite Nous irons tous au paradis d’où cette référence de la Cinémathèque française.

Philosophe ou hommes de télé ont également réagi sur Twitter.

« Guy Bedos était au côté de l’humanité, contre l’injustice et le racisme »

Le monde politique ou associatif – tout particulièrement de gauche, antiraciste et humaniste – rend hommage aux convictions et aux engagements de Guy Bedos. Sur Twitter, François Hollande a écrit : « Guy Bedos nous a accompagnés pendant des décennies. Son humour était une arme redoutable contre le racisme et la bêtise qu’il combattait sans relâche. La gauche était sa famille, il la traitait durement parce qu’il en attendait beaucoup. Son talent et ses colères nous manqueront ».

La Ligue des droits de l’Homme rend hommage dans un communiqué à l’un des siens, l’humoriste en avait été membre. « Il était au côté des plus faibles, des sans-papiers, des sans-logis, des sans-droits. Guy Bedos était au côté de l’humanité, contre l’injustice et le racisme. Guy Bedos nous faisait rire en nous faisant penser et nous rappelait sans complaisance nos faiblesses. »

Du côté de SOS Racisme, « on se souviendra du comique de gauche au ton acerbe, aux textes affûtés et aux sketchs engagés, à l’exemple des fameuses Vacances à Marrakech. » Et l’association rappelle que Bedos et Coluche avaient animé « le concert de la place de la Concorde en juin 1985 » puis « en février 1991, c’est avec la même évidence qu’il formera avec Smaïn et Michel Boujenah le trio de Coup de soleil à l’Olympia. Ce spectacle au succès retentissant était alors le résultat de la profanation par des militants d’extrême droite du cimetière de Carpentras où, un an plus tôt, le corps d’un Juif avait été sorti de son caveau. Cette alliance entre un Juif tunisien, un Arabe d’Algérie et un Pied-noir chrétien tombait alors à pic pour une autre actualité : le contexte de la guerre du Golfe qui créa tant de fractures entre Juifs et Arabes en France et ailleurs. »