« Déconfinement » est désormais dans le dictionnaire, tout comme « covid » et « nareux »

VOCABULAIRE Vous pourrez peut-être, un jour, en discuter plus avant à la terrasse d’un bistro

B.Ch. avec AFP

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Illustration dictionnaire.
Illustration dictionnaire. — 20 Minutes

Tout le monde ne parle que de ça, mais, pour l’instant, le mot n’existe pas. « Déconfinement » fait enfin son entrée dans le dictionnaire  à côté de mots moins réjouissants comme « covid », au féminin ou au masculin.

« Parfois, tout s’emballe, et des mots qu’on n’avait pas forcément vus venir s’imposent massivement dans l’usage courant, ont expliqué jeudi les rédacteurs du Petit Robert en présentant l’édition 2021 de leur dictionnaire. C’est ce qui arrive avec les mots "covid", "déconfinement", "télétravailler" ou encore "téléconsultation" passés dans l’usage quotidien avec la même brusquerie et la même rapidité que la pandémie à laquelle il nous faut faire face. »

Nouveaux mots et nouvelles définitions

« Covid » ou « déconfinement » ne seront insérés que dans les éditions numériques du Robert. Il faudra encore un peu patienter pour les trouver dans la version papier.

Plusieurs définitions ont été complétées. Ainsi, au mot « barrière » est venue s’ajouter l’expression « geste, mesure barrière » (précaution prise dans la vie quotidienne pour limiter la propagation d’un virus, d’une maladie). A la définition de « cluster » on trouve aussi désormais « foyer épidémique ».

Un arrière-goût de terroir

Les mots nouveaux de la version papier de l’édition 2021 du Petit Robert (en librairie à partir du 4 juin) ne se limitent pas à la sphère sanitaire. Parmi les mots nouveaux on relève « cloud », « collapsologie » ou « sexto ». Si beaucoup de nouveaux mots sont d’origine anglo-saxonne on se régale avec les mots venus de la francophonie.

On apprend ainsi qu’en Belgique, lorsqu’il fait « douf », c’est que le temps est lourd. On qualifie de « nareux » ceux qui se montrent difficiles quant à la propreté de la nourriture et des couverts. Un « succès bête » est un succès considérable alors qu’un « bête papier » est un papier ordinaire, sans importance.

« Avoir le cul dans le beurre », c’est vivre dans l’aisance. Quant à l’expression « pincer son français », elle signifie « parler le français avec une certaine préciosité ou avec l’accent parisien ».

« Loin d’être restée confinée, la langue française telle que la présente ce dictionnaire manifeste sa vitalité, sa force d’expansion, son ouverture et, pour employer un mot à la mode, sa résilience cette année », s’est félicité le linguiste et lexicographe Alain Rey.