Bretagne : Photographe de mer cloué à terre, Pierre Bouras s’est bien marré pendant le confinement

SHOOTING CONFINÉ Le photographe breton a profité des deux mois d’inactivité pour réaliser une série d’autoportraits assez délirants

Jérôme Gicquel

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Pendant le confinement, Pierre Bouras aura notamment enfilé le costume du professeur Raoult ou du marin-pêcheur en pénurie de rhum.
Pendant le confinement, Pierre Bouras aura notamment enfilé le costume du professeur Raoult ou du marin-pêcheur en pénurie de rhum. — Pierre Bouras
  • Photographe de voile et de sports de glisse, Pierre Bouras a su se réinventer pendant la période de confinement.
  • Il s’est essayé à l’autoportrait avec une série de photos assez délirantes.

La culture à l’arrêt depuis deux mois, les artistes sont désormais invités à se réinventer, comme l’a appelé de ses vœux le président Emmanuel Macron le 6 mai. Pierre Bouras n’a de toute façon pas eu trop le choix. Photographe de voile et de sports de glisse, celui qui passe « tout son temps dans l’eau et sur l’eau » a ainsi été privé de son terrain de jeu favori pendant tout le confinement. Mais plutôt que de ruminer seul dans son coin, le trentenaire, installé à Plouharnel près de Quiberon (Morbihan), a profité de cette période d’inactivité pour changer d’univers.

Adieu le grand air et les spots de surf aux quatre coins du globe donc. Pendant deux mois, Pierre Bouras a trouvé refuge dans son studio pour s’essayer à l’autoportrait. « Je n’avais pas grand-chose d’autre à faire donc cela m’a permis de tuer le temps, assure le photographe. Mais je me suis surtout entraîné pour ma prochaine commande où je dois tirer le portrait de navigateurs engagés pour le Vendée Globe ».

Son travail sur un apnéiste italien exposé pendant l’été

Le résultat de son travail en confinement est assez délirant avec une série d’une trentaine d’autoportraits dans laquelle il endosse tour à tour les costumes du professeur Raoult, du danseur de fest-noz, du gendarme, du surfeur privé de vagues ou du marin-pêcheur en pénurie de rhum. « C’est un petit clin d’œil à la décision du préfet du Morbihan d’interdire la vente d’alcools forts pendant le confinement », s’amuse-t-il. Partagées sur les réseaux sociaux, ses photos ont bien fait marrer ses potes et même au-delà de son cercle d’amis. Elles lui ont aussi permis de requestionner son approche photographique. « Cela m’a donné l’envie d’être plus créatif dans mes photos et de travailler encore mieux la lumière », indique-t-il.

Si l’occasion se présente, sa série d’autoportraits confinés pourrait faire l’objet d’une exposition dans les prochains mois. Avant cela, Pierre Bouras aura exposé son projet Sur la route de l’eau, consacré à l’apnéiste italien Davide Carrera, du 1er août au 15 novembre à Honfleur. Il aura surtout retrouvé la mer qui lui a tant manqué pendant le confinement. « J’ai été emprisonné mais je suis enfin libre ! ».