L'enquête pour agression sexuelle visant le cinéaste Abdellatif Kechiche classée sans suite

VIOLENCES SEXUELLES La plaignante avait affirmé « s’être réveillée sur le canapé » et que « M. Kechiche se livrait à des attouchements sur elle »

Aude Lorriaux

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Abdellatif Kechiche le 24 mai 2019.
Abdellatif Kechiche le 24 mai 2019. — HAEDRICH JEAN-MARC/LAURENT VU/SIPA

L’enquête pour agression sexuelle visant le réalisateur Abdellatif Kechiche a été classée sans suite, a indiqué mardi à l’AFP le parquet de Paris. Cette enquête, ouverte en octobre 2018 après la plainte d’une jeune femme, a été classée pour « infraction insuffisamment caractérisée ».

« Pour une fois, la raison l’a emporté sur le pathos », a réagi auprès de l’AFP Jérémie Assous, avocat du cinéaste, Palme d’or en 2013 pour La vie d’Adèle. A l’époque âgée de 29 ans, la plaignante avait affirmé, selon BFMTV, avoir dîné en juin 2018 avec le réalisateur dans un appartement à Paris dans le XXe arrondissement.

Polémique autour de « La vie d’Adèle »

Endormie après avoir bu plusieurs verres d’alcool, elle avait affirmé « s’être réveillée sur le canapé », que « son pantalon était ouvert » et que « M. Kechiche se livrait à des attouchements sur elle », selon la chaîne d’information.

Abdellatif Kechiche a d’abord été comédien avant de devenir metteur en scène et réalisateur. Au cinéma, il s’est illustré avec des œuvres subtiles et humanistes comme L’Esquive ou La Graine et le Mulet, toutes deux récompensées du César du meilleur film, et La vie d’Adèle, au centre d’une polémique quelques mois après son couronnement à Cannes.

« Humilié »

Connu pour sa grande exigence sur les plateaux, le réalisateur avait été la cible de l’une des deux actrices principales du film, Léa Seydoux, qui avait dénoncé des conditions de tournage « horribles », des journées sans fin, des centaines de prises pour une même scène, etc.

Se disant « humilié » par cette querelle publique, Abdellatif Kechiche avait fini par dire qu’il aurait préféré que le film ne sorte pas car il avait été « trop sali ». En 2019, son film Mektoub My Love : Intermezzo, qui comportait des scènes de sexe très crues, avait aussi suscité la polémique lors du festival de Cannes.