TikTok : Martin et Khalil partagent leur passion malgré « ceux qui ne supportent pas de voir deux mecs danser ensemble »

DANSE AVEC TES POTES Quand deux meilleurs amis dansent ensemble, cela entraîne de la frustration chez certains. Peu importe pour Martin et Khalil, qui continuent à entretenir leur passion sur TikTok

Propos recueillis par Clément Rodriguez

— 

Martin et Khalil continuent d'investir la rue pour TikTok
Martin et Khalil continuent d'investir la rue pour TikTok — Martin Bodenheimer
  • Martin et Khalil ont 19 ans et publient sur TikTok des vidéos de danse tournées dans la rue.
  • Si les retours sont positifs sur TikTok, les commentaires haineux ont défilé sur Twitter.
  • Pas de quoi entacher la bonne humeur de deux meilleurs amis qui comptent bien partager leur passion le plus longtemps possible.

Depuis un mois, Martin et Khalil « vivent leur meilleure vie. » L’un est en dernière année de formation pour être coach sportif, et l’autre en deuxième année de DUT en génie mécanique. Agés de 19 ans, ils se sont lancés sur TikTok, sourire aux lèvres, pour partager leur passion de la danse. Armés de leur téléphone, les deux meilleurs amis enchaînent pas de danse et portés en pleine rue dans Paris. Dès la première vidéo, le succès est immédiat. Preuve de leur réussite, leurs performances traversent les réseaux sociaux et atterrissent sur Twitter.

Alors que les commentaires dithyrambiques s’enchaînent sur TikTok, la mélodie n’est pas la même sur Twitter, où les insultes commencent à pleuvoir. Les regards complices qu’osent échanger Martin et Khalil dérangent une partie des internautes qui révèlent en eux une part de masculinité toxique. Peu importe pour les deux acolytes qui profitent de leur petite notoriété. En moins d’un mois, leurs vidéos ont cumulé plus de 6,6 millions de vues sur TikTok et ont déjà tapé dans l’œil d’un festival qui souhaite les diffuser pour leur campagne promotionnelle. Tous les deux se sont entretenus avec 20 Minutes sur leur passion, sur leur façon de créer ces vidéos, et sur les critiques qu’ils reçoivent.

Comment vous est venue l’idée de faire ces vidéos ?

Khalil : On est meilleurs potes depuis très longtemps et on s’est toujours dit qu’il fallait faire quelque chose ensemble. Pendant le confinement, on s’est vus un soir et, sur un coup de tête, on a fait un TikTok. La première vidéo a cartonné et on a décidé de continuer.

Martin : De base, on adore la danse, mais on est juste des danseurs de soirée. On trouve qu’on a le rythme, donc on s’est dit que ce serait une bonne idée de le faire.

Quelles sont les étapes lorsque vous tournez une vidéo ?

Khalil : On surfe sur TikTok et dès qu’il y a une musique qui peut nous intéresser, on l’écoute chacun de notre côté. L’inspiration vient toute seule, chacun donne ses idées et ça donne un beau mélange à la fin.

Martin : S’il y a des pas que je n’aime pas ou l’inverse, on va faire en sorte qu’on kiffe tous les deux. On est assez perfectionnistes, donc dès qu’il y a quelque chose qui ne va pas, on refait la vidéo. Pour trouver la chorégraphie, on met 15 à 20 minutes et ensuite, ça peut nous prendre une à deux heures pour la faire. Si ce sont des pas compliqués, on va mettre plus longtemps.

Vous n’avez pas trop respecté les gestes barrières pendant le confinement…

Martin : On a quasiment fait le confinement ensemble. On était un peu hors-la-loi, mais le jeu en valait la chandelle (rires). On est restés à moins d’un kilomètre de chez nous.

Khalil : Sur notre première vidéo, on est dans une rue différente mais les voisins nous ont dit qu’on faisait trop de bruit donc on a arrêté. On s’est installés dans une autre rue, où la voisine est super cool, on a discuté avec elle. On peut poser notre téléphone sur une petite marche, et c’est parfait. On habite à cinq minutes l’un de l’autre, et c’est pile au milieu.

Un million de likes, 6 millions de vues sur TikTok… Comment vous l’expliquez ?

Khalil : Sur TikTok, on peut être vus très rapidement sans avoir beaucoup d’abonnés. Le duo qu’on forme et notre bonne humeur ont fait kiffer les gens. En commentaires, du moins sur TikTok, on a toujours des commentaires positifs.

Martin : On fait ce qu’on est, et ce qu’on aime. On n’est pas prise de tête et on représente ça sur nos vidéos.

Sur les réseaux sociaux, deux camps se sont affrontés : ceux qui ont adoré, et ceux qui vous ont lancé des insultes…

Khalil : Quand je me suis vu sur Twitter, je me suis dit qu’on était devenus quelqu’un (rires). Comment peut-on ne pas être content alors qu’on parle de nous ? Les commentaires insultants, moi, je n’y fais pas du tout attention. Ce sont des gens frustrés qui envoient ça.

Qu’est-ce que vous répondez à ceux qui disent que la danse, ce n’est pas pour les mecs ?

Khalil : La danse, c’est ce qu’on est. On est tous les deux hétérosexuels, mais je ne pense pas qu’une façon de danser peut parler pour nous. Ceux qui le prennent mal sont des gens qui ne peuvent pas supporter de voir deux mecs danser ensemble. Mais Martin, c’est mon meilleur pote, je n’ai aucune gêne à danser quelque danse que ce soit avec lui. Si ça ne leur plaît pas, ce n’est pas mon problème.

Les critiques ne semblent pas avoir entaché votre joie de vivre…

Khalil : Si on doit s’arrêter aux critiques, personne n’avancera jamais. Il y aura forcément des haters. Si on veut faire un truc qui nous plaît, on le fait jusqu’au bout parce qu’on aura tellement de positif derrière qu’on ne va pas voir le négatif. On ne les calcule pas du tout. Ce sont des gens frustrés qui critiquent et qui ne supportent pas de voir des gens faire ce qu’ils aiment.