Coronavirus: Abd Al Malik, Caroline Fourest... Des personnalités réagissent au plan pour la culture dévoilé par Emmanuel Macron

CULTURE Fin avril, de nombreux acteurs de la culture avaient fait part de leurs inquiétudes quant à l’avenir du secteur

C.W. avec AFP

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Emmanuel Macron lors de sa présentation des mesures en faveur du secteur de la culture le 6 mai 2020.
Emmanuel Macron lors de sa présentation des mesures en faveur du secteur de la culture le 6 mai 2020. — Ludovic Marin/AP/SIPA
  • Face à de nombreuses inquiétudes du secteur de la culture, Emmanuel Macron a dévoilé ce mercredi des mesures pour faire face à la crise.
  • Le président de la République a notamment annoncé le prolongement des droits des intermittents jusqu’à août 2021.
  • Si certaines mesures semblent rassurer les acteurs du secteur culturel, des craintes et des doutes persistent.

« Du fromage, du jambon, et des choses très concrètes ». Outre une étonnante comparaison avec Robinson Crusoé et une attitude particulièrement décontractée (un peu fougueuse même), Emmanuel Macron a dévoilé ce mercredi ses premières pistes et mesures pour aider le secteur de la culture à faire face à la crise du Covid-19. Accompagné de Franck Riester, le ministre de la Culture, le président de la République a tout d’abord tenté de rassurer en huis clos une douzaine d’artistes (dont la chanteuse Catherine Ringer, les réalisateurs Eric Tolédano et Olivier Nakache, le metteur en scène Stanislas Nordey, l’écrivain Aurélien Bellanger, l’actrice Sandrine Kiberlain…), avant d’énoncer des mesures, concrètes.

Il faut dire que les inquiétudes se faisaient de plus en plus grandes du côté de la culture, particulièrement touchée par la crise du Covid-19 et le confinement. Fin avril, de nombreuses personnalités dont Catherine Deneuve, Jean Dujardin, Omar Sy, Clara Luciani, Oxmo Puccino ou Léa Seydoux, avaient exhorté dans une tribune du Monde le président de la République à agir pour aider la culture. Dans une interview accordée à Konbini, Marina Fois déplorait aussi le sentiment d’oubli ressenti.

Après l’entretien avec Emmanuel Macron ce mercredi, leurs craintes se sont-elles dissipées ? Si certaines mesures semblent rassurer les acteurs du secteur culturel, des craintes et des doutes persistent.

« Un message d’espoir »

L’une des inquiétudes majeures des signataires de la tribune du Monde, portait sur la prolongation des droits des nombreux intermittents dans l’incapacité de travailler depuis mars (et pour un temps indéfini), à cause du confinement. Un point sur lequel a répondu le président de la République, assurant que leurs droits seraient prolongés jusqu’à août 2021. Une décision saluée par Jean-Marc Dumontet, influent propriétaire de six théâtres parisiens (et producteur de C Canteloup notamment), qui sur BFMTV a souligné « le soutien au monde de l’intermittence » et le ton « volontariste » du chef de l’Etat. « C’est un message d’espoir et on en a besoin », a-t-il estimé.

Le rappeur, écrivain et réalisateur Abd Al Malik, présent lors de l’échange avec Emmanuel Macron, a eu le sentiment « d’avoir été pris au sérieux ». « Chacun a pu s’exprimer l’un après l’autre. Le président de la République a répondu à chacun d’entre nous. On a senti une grande écoute, une envie de faire avancer les choses. Les sujets abordés ont été les inquiétudes du point de vue structurel, organisationnel et aussi le désespoir exprimé par rapport à la question de l’intermittence », a-t-il expliqué à l’AFP.

« Nous attendons la suite »

Si l’urgence de la situation semble avoir été prise en compte, les inquiétudes demeurent encore très grandes. « J’ai le sentiment qu’on a été entendu, estime Abd Al Malik. Maintenant, ça va se jouer là : comment cela va se traduire sur le terrain ? Cet échange a été positif, j’en attends énormément. Quand on a des grands mots, on doit avoir des grands gestes, des grandes actions. Le temps nous est compté, nous devons maintenant avoir du concret dans le court et le moyen terme. Dans cette période d’incertitude, nous attendons la suite ».

En effet, si les librairies, disquaires, bibliothèques et médiathèques, galeries d’arts et certains musées pourront rouvrir dès le 11 mai, le flou domine encore largement, notamment pour les concerts, les salles de cinéma, les théâtres… D’autant que les rassemblements de plus de 5.000 personnes seront interdits au moins jusqu’à fin août.

Même incertitude du côté des tournages de films et de séries, pour lesquels Emmanuel Macron a souhaité la mise en place d’un fonds d’indemnisation. Sur Twitter, la journaliste et réalisatrice Caroline Fourest a mis en évidence les difficultés pour retourner sur les plateaux, tout en respectant les mesures de sécurité préconisée pour le déconfinement. « Pour que les tournages reprennent, il faut couvrir le risque d’une période d’arrêt en cas de Covid-19 au sein de l’équipe. Les 4 m²/personne exigés par l’actuel protocole sanitaire ne sont pas tenables sur un plateau de cinéma », a-t-elle écrit.

Si le gouvernement semble avoir répondu à quelques attentes du monde de la culture, le chemin reste encore long avant de dissiper toutes les craintes. « Fin mai, début juin » il devrait faire un nouveau point sur la question de l’accueil du public, ou encore la limite de rassemblements de plus de 10 personnes.