Tony Allen: Le batteur légendaire et pionnier de l’afrobeat est décédé

MUSIQUE Il avait travaillé avec son compatriote Fela Kuti de 1968 à 1979. Ensemble, ils avaient créé l’afrobeat, genre musical qui mêle les rythmes africains, le jazz et la funk

X.M.

— 

Tony Allen, légende de l'afrobeat, le 27 juin 2010.
Tony Allen, légende de l'afrobeat, le 27 juin 2010. — AFP

Le monde de la musique est en deuil. Reconnu par de nombreux musiciens, aussi bien du rock que de l’electro, comme le plus talentueux des batteurs, Tony Allen est décédé, jeudi 30 avril à Paris à 79 ans. Inventeur de l’afrobeat aux côtés de Fela Kuti, la légende de la musique vivait en France à Courbevoie.

« On ne connaît pas exactement la cause du décès », a indiqué au journal Le Monde son agent Eric Trosset, tout en précisant qu’il n’a pas été emporté par le Covid-19. « Il était en pleine forme, c’était assez soudain. Je lui ai parlé à 13 heures puis deux heures plus tard, il était pris d’un malaise et a été transporté à l’hôpital Pompidou où il est décédé ».

La ritournelle avec Sébastien Tellier

Né à Lagos en 1940, il avait travaillé avec Fela de 1968 à 1979. Ensemble, ils avaient créé l’afrobeat, genre musical qui mêle les rythmes africains, le jazz et la funk et des textes particulièrement engagés politiquement. Pour Fela Kuti, « sans Tony Allen, il n’y aurait pas d’afrobeat ». Sur cette musique puissante, Fela greffera ses paroles révolutionnaires et panafricanistes qui feront de lui un des symboles les plus forts de la lutte pour les libertés en Afrique.

Les routes de deux stars de la musique vont ensuite se séparer, Fela continuant de s’engager politiquement alors que Tony Allen préférera dans le même temps se consacrer principalement à la musique. Désireux de ne pas se cantonner au mouvement musical qu’il avait créé, Tony Allen va travailler avec de nombreux artistes internationaux notamment français. Le batteur a par exemple œuvré avec le groupe phare de la French Touch, Air ou encore Sébastien Tellier. Pour ce dernier, il enregistre la batterie sur la presque totalité de l’album Politics. Son toucher est reconnaissable notamment sur le titre La ritournelle.