Coronavirus : On a visité le futur des festivals avec Laval Virtual, le grand rendez-vous de réalité virtuelle

REPORTAGE Laval Virtual a réussi à se transformer pour ouvrir ses portes malgré la crise sanitaire du coronavirus. On a visité le salon virtuel en avant-première

Laure Beaudonnet

— 

La visite en avant première de Laval Virtual World
La visite en avant première de Laval Virtual World — L. BEAUDONNET / 20 MINUTES
  • Face à la propagation du virus Covid-19, les équipes du Salon Laval Virtual ont développé une version virtuelle de l’édition 2020 : « Laval Virtual World ».
  • Du 22 au 24 avril, seront accessibles gratuitement - depuis chez soi - les conférences, la soirée de remise des Awards, les rendez-vous d’affaires et le festival Art et réalité virtuel : Recto VRso.
  • 20 Minutes est allé découvrir ce nouveau format en avant-première. Reportage 100 % virtuel.

Le coronavirus  a eu raison de nombreux rendez-vous culturels et technologiques de l’été. Le Festival d’Avignon, les Eurockéennes, les Francofolies, Solidays ou encore Vivatech ont annulé leur édition 2020 tandis que le Festival de Cannes réfléchit à de nouvelles « formes » pour exister. Dans ce contexte de crise sanitaire, Laval Virtual, le plus grand rendez-vous mondial de réalité virtuelle et augmentée, a trouvé la solution : un salon 100 % virtuel. Une semaine avant son ouverture, 20 Minutes est allé faire un tour dans l’univers de Laval Virtual World, aux faux airs de jeux vidéo.

Le salon n’a pas eu le temps de reproduire la ville de Laval, en Mayenne, en trois dimensions, mais le design n’a pas à rougir. On débarque sur les lieux à l’aide d’un avatar personnalisé et c’est parti pour l’expérience. A l’aide des boutons du clavier, ce double numérique se dirige dans l’environnement, avance, revient sur ses pas (les gamers ne seront pas dépaysés). Des hôtesses l’accueillent et le guident à son arrivée. Une fois sur le salon, il a accès à peu près aux mêmes espaces que dans la version classique, hormis la partie exposition.

L’ambiance d’un vrai salon

« Quelque part, c’est logique, on vient à l’exposition pour tester des choses, les toucher, explique Laurent Chrétien, directeur général du salon. Malgré les progrès de la réalité virtuelle, c’est compliqué. Aujourd’hui, tout le monde n’est pas équipé de sa combinaison haptique [qui permet de reproduire la sensation du toucher] à la maison ». L’avatar peut toutefois visiter le festival artistique Recto VRso, assister à toutes les conférences où il peut intervenir en levant la main, s’asseoir et même danser s’il le souhaite, même si ce n’est pas le moment.

Laval Virtual World
Laval Virtual World - LAVAL VIRTUAL

De son côté, le conférencier accède facilement aux outils de présentation pour récupérer son Powerpoint. Il peut même demander le silence à une salle trop bruyante. L’intérêt de la 3D temps réel, c’est de retrouver l’interaction et l’ambiance d’un vrai salon. On peut entendre, voir les gens présents dans la salle et discuter avec une personne que l’on croise. L’idée, c’est de conserver la sérendipité de la rencontre.

Une vraie expérience de VR sans casque

En temps de confinement, Laval Virtual World arrive comme une bouffée d’oxygène avec son terrain de foot où des parties peuvent s’improviser (virtuellement, évidemment). Trois soirées seront organisées sur une plage, à laquelle le visiteur accède à l’aide d’un bateau. La bonne nouvelle, c’est qu’il ne court pas le risque de se noyer s’il a trop bu. Même en fonçant dans les rochers, le bateau ne coule pas, on a fait le test.

Les équipes du salon ont réussi à monter ce projet en l’espace d’un mois. « On réfléchissait depuis trois ou quatre ans à cette virtualisation d’une partie du salon, explique Laurent Chrétien. Et là, on s’est retrouvés dos au mur ». La plateforme est accessible depuis un simple écran d’ordinateur, seuls la partie artistique et les pitchs des start-up pourront se faire avec des masques de VR. Pour le reste, un écran et une souris feront l’affaire.

Si la sensation d’immersion est un peu moins forte qu’avec un masque, elle est aussi moins fatigante. « La réalité virtuelle comprend l’immersion, l’interactivité et la 3D temps réel », insiste-t-il. Et Laval Virtual World coche toutes les cases. Le terme a été un peu galvaudé ces dernières années avec l’arrivée des casques, mais la VR peut se vivre sans cet objet technologique.

Laval Virtual World
Laval Virtual World - LAVAL VIRTUAL

Un nouveau public

« On a toujours peur de passer au virtuel, on se dit qu’on va se tirer une balle dans le pied, explique le directeur de l’événement. Un ami m’a fait remarquer que, depuis la télévision, il y a encore plus de monde dans les stades de foot ». Le virtuel ne remplacera pas l’envie de tester des nouvelles expériences de réalité virtuelle ou de rencontrer les gens physiquement. C’est un plus. Et le salon pourrait toucher un public plus large grâce à cette nouvelle formule, notamment sur la partie professionnelle.

L’année dernière 500 personnes s’étaient inscrites aux conférences. « Plus de 2.500 personnes se sont inscrites cette année, observe Laurent Chrétien. Les talks seront filmés par des caméras virtuelles et diffusés sur des chaînes YouTube et d’autres médias gratuitement ». L’audience globale pourrait dépasser 2.500 personnes et pas de risque de manquer de places, la salle peut être agrandie ou rétrécie en fonction du nombre de gens. C’est le bon côté du monde numérique, tout est possible.

Laval Virtual a peut-être trouvé la clé du futur des grands festivals et sa seule façon de résister face à la pandémie. Espérons que d’autres rendez-vous culturels et technologiques lui emboîtent le pas, sinon ça va faire long…