Coronavirus : « Je n'avais jamais annulé jusqu'ici un seul jour de festival », confie l'organisateur des Déferlantes d'Argelès-sur-Mer

FESTIVAL Le festival devait avoir lieu du 8 au 11 juillet prochains

Nicolas Bonzom

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Aux Déferlantes d'Argelès-sur-Mer, en 2019
Aux Déferlantes d'Argelès-sur-Mer, en 2019 — Boby
  • L'édition 2020 des Déferlantes d'Argelès-sur-Mer est annulée, en raison de l'épidémie.
  • Les organisateurs ont donné rendez-vous aux festivaliers à l'été 2021.
  • Les tickets seront valables pour l'année prochaine, mais aussi remboursables.

Les Déferlantes d'Argelès-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales, n’ont pas échappé à la vague d’annulations de festivals, après l’annonce d'Emmanuel Macron de l’interdiction des grands rassemblements jusqu’à mi-juillet.

L’édition 2020, qui était prévue du 8 au 11 juillet prochains dans le majestueux parc de Valmy, entre les vignes et la Méditerranée, n’aura pas lieu. Gwen Stefani, Ben Harper, Jean-Louis Aubert, Black Eyed Peas, Soprano ou encore Angèle étaient attendus. David Garcia, l’un des créateurs et organisateurs du festival, se confie à 20 Minutes.

L’annulation est une décision douloureuse…

Je fais des concerts depuis 1993, je n’avais jamais annulé jusqu’ici un seul jour de festival. Malgré les intempéries, et nous sommes dans une région qui en est régulièrement victime, nous avions réussi à tout maintenir. C’est une situation inédite. C’est évidemment une déception, car nous avons à cœur de recevoir les festivaliers, les équipes, de revoir les têtes de tout le monde. Déjà, un an d’attente, entre deux éditions, c’était long. Et là, se dire que ça n’aurait pas lieu, on est chagriné. Mais il faut être réaliste, on ne peut mettre en danger personne. On repartira mieux l’année dernière.

Vous vous y attendiez, sans doute ?

Oui, cela faisait un petit moment que l’on attendait une décision [de l’Etat]. Une sage décision. Chaque semaine écoulée, c’était de l’argent que l’on perdait. Il faut être lucide. On ne pourra pas rassembler 80.000 personnes, trois personnes au mètre carré, dans une chaleur parfois caniculaire, avec des festivaliers torse nu pour certains…

Cela représente une perte économique importante pour le festival ?

Oui, évidemment. Cela ne met pas en péril le festival, parce qu’il est solide, financièrement. Mais il y aura un très fort déficit. On s’autofinance à 93 %. On espère cependant que les aides et les subventions seront maintenues, pour ne pas laisser le réservoir vide… Parce que nous repartirions avec une jambe en bois.

Attendez-vous un soutien accru de l’Etat pour votre secteur ?

Oui. Car même avec les subventions maintenues, ce n’est pas assez.

Les artistes prévus cette année pourront-ils être présents l’année prochaine ?

Nous avons indiqué aux artistes qui devaient se produire cette année que s’ils avaient envie d’être là l’année prochaine, nous leur avons proposés le report.

Les tickets achetés cette année seront valables l’année prochaine. Mais vous avez également proposé aux festivaliers d’être remboursés.

Oui. Certains festivals ne proposent que le report. C’est dans notre mentalité d’être comme ça, un festival, c’est quelque chose de social. Le côté humain, c’est important.

Êtes-vous optimiste pour l’avenir ?

Je suis d’un naturel très optimiste. Mais il faudra se réinventer. Certaines sociétés, partenaires de l’événement, rencontrent des difficultés ou ont disparu avec cette crise. Il n’est pas certain que l’on ait le même chiffre d’affaires des partenaires et des mécènes. Les Déferlantes sont nées en 2007. Un an plus tard, une crise est survenue. Les dotations de l’État aux municipalités ont été énormément réduites. On a dû faire face tout seul, devant l’augmentation des cachets artistiques et aux coûts élevés de sécurité. Nous avons un métier très fragile. Chaque année, on peut disparaître. Mais je reste optimiste !