Coronavirus : Arthur H, Etienne De Crécy… Trente-trois artistes réunis sur une compil électro solidaire

MUSIQUE D’ Arthur H à Rone, en passant par Malik Djoudi ou Etienne de Crécy, Molécule a invité trente-trois artistes sur une compilation collaborative et solidaire

20 Minutes avec AFP

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La pochette de la compilation solidaire « Music for containment » (label Mille Feuilles).
La pochette de la compilation solidaire « Music for containment » (label Mille Feuilles). — Illustration : Romain De La Haye-Sérafini

Ne cherchez plus la bande originale du confinement ! Trente-trois artistes, d' Arthur H à Rone, en passant par Malik Djoudi ou Etienne de Crécy, ont composé, à la demande de Molécule, une compilation de titres inédits. L’album, sorti ce mercredi, une des plus belles propositions de cette période de vie en vase clos, s’appelle Music for containment (label Mille Feuilles). Les bénéfices seront reversés à la Fondation de France. « Ça coule de source, il faut participer, aider les plus démunis le plus rapidement possible. Soyons solidaires », expose Molécule, architecte du projet.

« Romain (Delahaye, nom à la ville de Molécule) est un mec assez intègre, un chouette gars. On est un peu impuissant dans cette période. Si on peut aider un peu avec notre musique et les bénéfices reversés. Et au final, l’album fait “tripper”, il est fait avec les tripes », commente Malik Djoudi. L’artiste nommé aux dernières Victoires de la musique contribue avec l’élégiaque Glitz.

« Un geste beau, créatif, simple »

« Ce n’est pas vraiment une époque propice à la création, on est anxieux, et puis il y a le respect pour tous les gens qui souffrent. Mais Molécule nous a contactés en nous parlant de voyage intérieur, mais aussi de musiques qui donnent de grands espaces. Cette compilation est un geste beau, créatif, simple », estime Arthur H.

Les morceaux voguent en majorité entre électro et ambient, soit une musique planante, rêveuse, parfois inquiète, sans paroles, ou presque.

Des voix se font en effet entendre, comme sur Die Hexe de Rebeka Warrior. Bertrand Burgalat s’offre lui une ballade inspirée au piano sur Improvisation pour essayer un micro. On entend aussi une élégante échappée au saxophone sur Jour 10 de confinement d’Etienne Jaumet, hyperactif qui avait collaboré avec la légende de la techno Carl Craig. Stay Safe (Restez prudents) du vieux routier Alex Gopher est un autre titre-référence au confinement.

Arthur H a, lui, composé Paris la silencieuse, inspirée par la capitale « et toutes ces villes de France qui sont maintenant calmes, dans un moment inattendu, étonnant ».

« On a un rôle important à jouer dans cette période »

Balancement du QI, signé Molécule, est un peu plus anxiogène, suintant « l’épreuve qu’on est train de vivre », comme il le dit. « Pour moi, la musique n’est pas là que pour divertir les gens. Ce projet est introspectif. On est à une période charnière, où on se pose des questions », analyse-t-il encore.

« Après cette épreuve, il ne faudra surtout pas revenir comme avant, poursuit-il. On a bien vu que la destruction de la biodiversité nous met en première ligne face aux infections »

Mam, morceau de Flavien Berger – d’une durée fleuve de 29 minutes – s’ouvre d’ailleurs sur le bruit du ressac de l’océan, comme un écho.

« C’est une période où on doit trouver des moments pour se régénérer », rebondit Arthur H.

Et Molécule d’insister sur le côté « manifeste » de cette compilation. « C’est le message que j’ai envoyé aux artistes, on a un rôle important à jouer dans cette période, on doit être vigilants, porter la parole des scientifiques pour proposer un changement, sans être politique », conclut-il.