Coronavirus à Toulouse : Le fabuleux concert virtuel (et décalé) de l’Orchestre national du Capitole

ENSEMBLE Séparés et éparpillés par le confinement, les musiciens de l’Orchestre national du Capitole livrent en ligne une belle partition, pleine d’humour

H.M.

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Le concert confiné de l'Orchestre national du Capitole de Toulouse.
Le concert confiné de l'Orchestre national du Capitole de Toulouse. — ONCT
  • Même confiné, l’Orchestre national du Capitole de Toulouse joue encore.
  • Ses musiciens diffusent à l’unisson un morceau virtuel en ligne.
  • Une façon de garder le lien avec leur public mais aussi entre eux.

Un clin d’œil sans tralala. Avec le confinement​, les musiciens du célèbre Orchestre national du Capitole de Toulouse sont dispersés aux quatre vents, qui à la campagne, qui dans son appartement. Mais ils ont décidé de garder le lien entre eux et avec leur public comme en témoigne la belle partition diffusée depuis mardi soir sur les réseaux sociaux.

« Dès le 17 mars, et même avant avec l’interdiction des rassemblements, l’idée s’est très vite imposée que notre seul moyen d’exister, c’était de continuer à jouer ensemble, même de façon illusoire », raconte Jean-Baptiste Jourdin, membre du comité artistique de l’ONCT, à l’origine de cette idée de prolonger virtuellement « la visibilité » de la formation. Avec deux autres musiciens, le violoniste s’est porté volontaire pour mixer, synchroniser et monter ce concert en ligne, à partir des vidéos envoyées par une cinquantaine de collègues, sur les 125 professionnels que compte l’orchestre.

Du Berlioz et une mascotte

La grosse caisse pose avec un gros chien, certains sont maquillés ou ont déguisé leur partition en message de prévention sanitaire, d’autres jouent en famille, tout à fait décontractés, loin de l’ambiance guindée des concerts de la Halles aux Grains et autres salles prestigieuses. Quant au morceau, qui sonne familier même aux oreilles des non-mélomanes, il s’agit de la Marche hongroise, extraite de La Damnation de Faust d’Hector Berlioz. « Il y a une vraie tempête d’idées, se souvient Jean-Baptiste Jourdin. Nous avons choisi cette pièce parce qu’elle est française, que nous l’avons souvent jouée ces dernières années et qu’elle est devenue un peu emblématique pour nous ». Dans une version courte, inédite et éclatée, qui donne une note chaleureuse aux longues heures de confinement.