Le comédien et professeur de théâtre Jean-Laurent Cochet est décédé

DISPARITION Le comédien et metteur en scène est décédé ce mardi matin à l’âge de 85 ans des suites du Covid-19, a annoncé son entourage

20 Minutes avec AFP

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Le comédien et metteur en scène Jean-Laurent Cochet.
Le comédien et metteur en scène Jean-Laurent Cochet. — Cyprien Leym

Un homme de théâtre et un coach de légendes. Le comédien et metteur en scène Jean-Laurent Cochet est décédé ce mardi matin à l’âge de 85 ans. Il avait formé les plus grands acteurs français, d’Isabelle Huppert à Gérard Depardieu.

« Mon professeur de théâtre, Jean-Laurent Cochet, dont l’enseignement a bouleversé ma vie, nous a quittés (…) son enseignement était prodigieux », a twitté l’acteur Fabrice Luchini, une de ses « pépites » après l’annonce de la disparition de son maître de théâtre.

Jean-Laurent Cochet, décédé ce mardi matin, était « hospitalisé depuis cinq jours à l’hôpital Bichat » à Paris, a annoncé à l’AFP son agent Laurent Grégoire, confirmant une information du Figaro. D’après l’entourage de l’acteur, il est décédé des suites du Covid-19.

Entré à 20 ans à la Comédie Française

Le théâtre a été toute la vie de ce comédien, metteur en scène et professeur reconnu. Il a signé plus de 150 mises en scène de théâtre, joué plus de 300 rôles et a surtout, pendant plus de cinquante ans, transmis sa passion de l’art dramatique, formant Gérard Depardieu, Isabelle Huppert, Richard Berry, ou encore Mélanie Thierry, grâce au cours qui portait son nom.

Né le 28 janvier 1935 à Romainville, en Seine-Saint-Denis, il entre à 20 ans à la Comédie Française où il fait vraiment son apprentissage avec sa professeur, Béatrix Dussane. Il en partira après huit ans et 80 rôles.

En 1962, il fait ses premières apparitions à la télévision avec l’émission Le Théâtre de la jeunesse de Claude Santelli. Dans la seconde moitié des années 60, il se lance dans la mise en scène et, en 1967, inaugure le cours Jean-Laurent Cochet qui va vite devenir une référence dans l’enseignement de l’art dramatique.

Adepte du théâtre classique

L’œil vif, l’air bonhomme, il explique que « le tout, est de ne pas faire l’acteur, de rechercher la justesse absolue du verbe ». Pour lui, le théâtre, « c’est un métier qui se travaille.

D’ailleurs, au bout de deux semaines, les paresseux s’en vont d’eux-mêmes, je n’ai même pas besoin de faire le tri ». Son cours, il a choisi de ne pas le réserver à une élite mais de l’ouvrir, une fois par semaine, au public.

Adepte du théâtre classique, il continue d’y enseigner un style qui repose sur la nécessité de bien respirer, de travailler les attaques et les finales.

« Le talent n’existe pas »

Il sait ce qu’il n’aime pas : « la Star Ac, parce qu’on veut nous faire croire que l’on apprend tout en deux mois, le cinéma où l’on fait travailler des comédiens qui n’en sont pas et tous ces metteurs en scène qui dénaturent les textes ». « Le talent n’existe pas, dit-il encore. Les dons, c’est parfois dangereux car un élève doué a tendance à ne pas travailler ».

Et il est plébiscité. En premier lieu par Fabrice Luchini, celui de ses élèves dont il est probablement le plus fier. Et qui lui rend hommage : « A 22 ans, je venais de tourner deux films. Serge Rousseau, célèbre agent, m’a dit "c’est bien mais tu ne connais rien au métier. Il faut l’apprendre, seule solution : filer chez Cochet". J’ai filé et là, le choc ! J’ai vu un homme qui occupait l’espace d’une fabuleuse manière. »

Quant à Gérard Depardieu, s’était souvenu son professeur, il était arrivé « au cours Cochet sans jamais avoir rien lu ». « Au début ce n’était pas ça mais Gérard a tellement voulu apprendre ».

Isabelle Huppert « se souvient surtout d’avoir passé des heures à l’écouter. J’étais fascinée, dit-elle, par sa manière de poser les mots, de rythmer, de respirer les phrases (….) Chaque auteur avec lui devenait limpide. A son cours, j’étais davantage spectatrice qu’actrice ».