Coronavirus à Marseille : « Si on annule cet été, on est mort », le festival Le Bon Air reporté à mi-juillet

CORONAVIRUS Le festival Le Bon Air a décidé de reporter sa cinquième édition au week-end du 14 juillet alors qu’elle devait avoir lieu fin mai

Adrien Max

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La scène " boule à facette ", sera bien au rendez-vous du Bon Air malgré le report.
La scène " boule à facette ", sera bien au rendez-vous du Bon Air malgré le report. — Nairi
  • Le festival Le Bon Air qui devait avoir lieu fin mai à Marseille est reporté les 12, 13 et 14 juillet prochain en raison de la pandémie de Covid-19.
  • Contrairement à d’autres gros festivals, une annulation de cette édition pourrait faire disparaître Le Bon Air, qui travaille avec de nombreux collaborateurs indépendants.

Jusqu’ici « tout allait pour le mieux », mais le Covid-19 a obligé Le Bon Air à changer ses plans. Le festival Le Bon Air à Marseille, qui fête cette année ses cinq ans, n’a pas d’autres choix que de reporter cette nouvelle édition les 12, 13 et 14 juillet prochain, en raison de la pandémie de Covid-19 dans le monde. Le festival marseillais avait jusqu’alors l’habitude de réunir ses troupes fin mai à la Friche la Belle de Mai.

« On attend avec impatience le 15 avril pour connaître un peu la suite. Le décret fixe cette date pour l’annulation de tous les événements, donc on pense avoir de nouvelles infos à cette date. Normalement on n’était pas concerné et on a longtemps gardé espoir de la faire fin mai, mais c’est beaucoup plus raisonnable de le reporter. La phase de production de festival ne se fait pas en une semaine, et ce n’était pas du tout lucide de lancer cette phase pour la fin mai », explique Cyril Tomas-Cimmino, directeur du festival.

Les indépendants en première ligne

Les organisateurs ont toujours su faire preuve d’adaptation dans l’organisation du Bon Air, mais les protocoles liés à l’urgence sanitaire ne correspondent pas aux valeurs du festival. « Les distanciations sociales si importantes dans cette période sont contraires à notre volonté de mixité sociale et de promiscuité palpable », considère Cyril Tomas-Cimmino.

La programmation du festival Le Bon Air, qui est parvenu à conserver les mêmes artistes malgré le report.
La programmation du festival Le Bon Air, qui est parvenu à conserver les mêmes artistes malgré le report. - Le Bon Air

Une longue période d’incertitude se poursuit donc pour les organisateurs de ce festival à taille humaine, qui rassemble 6.000 personnes par soir. « Si on annule cet été, on est mort. Nous n’avons pas la taille et l’organisation des plus grands festivals, qui ont les reins beaucoup plus solides que nous, et des meilleures assurances. On est assez préoccupés par leur discours, ils réclament des annulations, mais pour des plus petites structures comme nous, on ne pourra pas tenir. C’est d’autant plus préoccupant que l’indépendance est au cœur de toutes nos initiatives, la perte de ces acteurs serait très dommageable », estime le directeur.

Des artistes solidaires

Pour maximiser que le festival ait bien lieu cet été, les organisateurs ont décidé de réduire la jauge à 5.000 personnes par soir, et de reprogrammer les trois jours de festival les dimanche 12 juillet, lundi 13 et mardi 14 juillet. « En choisissant ces dates on ne rentre pas en concurrence avec les autres festivals, dont certains sont nos partenaires. On a réussi à maximiser le report des artistes, et tous ont répondu présent », se félicite Cyril Tomas-Cimmino.

Ce n’était pas mince affaire, mais la solidarité semble être aussi de mise dans le domaine de la culture en cette période troublée. « Normalement les artistes qui étaient confirmés dès janvier étaient en droit de réclamer leur cachet. Mais Laurent Garnier et Motor City Drum Ensemble, notamment, nous ont demandé de ne rien verser pour le moment en guise de solidarité », relate le directeur. Reste désormais à croiser les doigts pour que cette cinquième édition ait bien lieu, d’ici là toutes les équipes font leur maximum pour préserver la structure son écosystème en ayant conscience que « plus rien ne fonctionnera comme avant ».