VIDEO. Uderzo, le dessinateur d'Astérix, est mort

BANDE DESSINEE Albert Uderzo est décédé d'une crise cardiaque dans son sommeil, à l'âge de 92 ans

F.R. avec AFP

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Albert Uderzo, en 2007, au côté d'une figurine d'Astérix.
Albert Uderzo, en 2007, au côté d'une figurine d'Astérix. — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Il a marqué à jamais l’histoire de la bande dessinée francophone et de la culture française tout court. Albert Uderzo est décédé, a annoncé son entourage familial ce mardi. Il avait 92 ans.

Selon son gendre, il est « mort dans son sommeil à son domicile à Neuilly​ [Hauts-de-Seine] d’une crise cardiaque sans lien avec le coronavirus. Il était très fatigué depuis plusieurs semaines. »

Un héros international

Né Alberto Aleandro Uderzo, en 1927, d’une famille d’immigrés italiens, il a été naturalisé français à l’âge de 7 ans. Il est passé à la postérité en donnant naissance au personnage d’Astérix, créé en collaboration avec le scénariste René Goscinny. Entre 1959 et 1977, il a dessiné vingt-quatre albums du héros gaulois.

A la mort de Goscinny en 1977, Uderzo a quitté Dargaud, son éditeur historique, pour fonder sa propre maison, les éditions Albert-René, et reprendre le flambeau pour huit Astérix en solo dès 1980.

Publié dans 111 langues et dialectes, Astérix est la bande dessinée la plus traduite au monde. Par ailleurs, également en collaboration avec René Goscinny, il avait dessiné Jehan Pistolet le corsaire, Oumpah-Pah l’Indien, Luc Junior le reporter ou encore le couple Benjamin et Benjamine. En 1959, avec le scénariste Jean-Michel Charlier, il a également croqué Les aventures de Tanguy et Laverdure. « Je n’ai jamais ni senti ni prétendu avoir du génie. Seulement un amour immodéré pour ce métier », avait déclaré Albert Uderzo à l’occasion d’un numéro hors-série du Point paru en 2013.

En 2008, c’est La zizanie, titre du 15e album, qui résume le dur conflit opposant Albert Uderzo à sa fille unique, Sylvie. Ils se déchiraient autour de la prise de contrôle par Hachette Livre de 60 % des éditions Albert-René, dont Sylvie détenait les 40 % restants. Après sept ans de guerre ouverte et de procédures judiciaires, ils se sont réconciliés en 2014 mais cette affaire l’avait « miné ».

« On ne me reconnaît pas dans la rue »

A l’instar d’Hergé pour Tintin, Uderzo refusait que de nouveaux Astérix paraissent après sa mort. Il a finalement changé d’avis. En 2011, souffrant d’un rhumatisme articulaire à la main droite, il a passé le relais, en accord avec Anne Goscinny, unique ayant droit de son père, à des auteurs plus jeunes, tout en suivant de près leur travail, là encore couronné de succès.

Grand amateur de Ferrari (une vingtaine est passée par son garage), ce fils d’un couple d’immigrés italiens résidait dans un hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine. Il était riche, grâce aux quelque 370 millions d’albums vendus dans le monde, à une quinzaine de films (animation et cinéma), au parc de loisirs, aux jeux vidéo et autres produits dérivés à l’effigie des héros qu’il a créé.

« On ne me reconnaît pas dans la rue. Je pourrais passer derrière une affiche sans la décoller. Les personnages peuvent devenir des mythes mais pas nous, leurs pères », disait Albert Uderzo, son visage étant effectivement bien moins connu du grand public que son visage. Ou son coup de crayon.