Journée internationale des droits des femmes: Un 8 mars tout en chorégraphies et chansons

FEMINISME Pour le 8 mars, artistes professionnelles et en herbe ont prévu chorégraphies, chansons, musique et autres formes d’expressions artistiques, disséminées sur tout le parcours de la manifestation à Paris

Aude Lorriaux

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Flash-mob
Flash-mob — Vincent Loison/SIPA
  • Haka des avocates, chansons de l'Orchestre Debout, chorégraphie de danseuses à Bastille, flash mob géante entonnant A cause de Macron... Ce 8 mars sera sous le signe de l'expression artistique. 
  • Pour cette Journée internationale des droits des femmes, associations et syndicats se sont réunis dans le collectif des Grande gagnantes, avec pour mot d'ordre principal la lutte contre la réforme des retraites.
  • « Le monde de la culture est de plus en plus alerte sur cette question des droits des femmes » estime une des organisatrices.

 

C’est un 8 mars qui s’annonce particulièrement artistique. Pour la Journée internationale des droits des femmes, artistes professionnelles et en herbe ont prévu chorégraphies, chansons, musique et autres formes d’expressions artistiques, disséminées sur tout le parcours de la manifestation à Paris, entre place d’Italie et République. 

Au début du parcours, place d'Italie, les avocates ont prévu un « haka », du nom de cette danse pratiquée par les Maoris lors de conflits. L’Orchestre Debout, celui-là même qui officiait pendant Nuit debout, proposera notamment une interprétation du Corps des Femmes, de la chanteuse Mathilde: 

A Bastille, les danseuses devraient célébrer La victoire en chantant, à l’image de la chorégraphie sur le parvis du Palais Garnier pendant la réforme des retraites, en décembre. Enfin au bout du parcours, place de la République, une flash-mob géante reprendra le désormais tube national A cause de Macron, parodie du À cause des garçons de Laurence Heller et Hélène Bérard. Un « cri de colère contre le César de la honte » résonnera. 

Et enfin Alerta feminista, un collectif de latino-américaines en France, entonnera Un violeur sur ton chemin, le slam féministe du Chili qui dénonce les violences sexuelles.

« La dimension artistique a été pas mal utilisée », confirme Julie El Mokran Tomassonne, de l’organisation des Grande gagnantes, du nom de cet ensemble d’associations et syndicats qui a uni ses forces autour du 8 mars. 

Des artistes femmes mobilisées 

Au delà de ces formes d’expressions artistiques, dont s’emparent beaucoup de manifestantes, le monde de la culture semble s’être un peu plus mobilisé cette année, comme en témoigne la série de photos d’actrices, écrivaines, humoristes, autrices, réalisatrices ou encore costumières publiée dans nos colonnes. Ariane Ascaride, Elsa Wolinski, Noémie de Lattre ou encore la chanteuse Clarika ont revêtu pour le 8 mars le costume de Rosie la riveteuse, du nom de ce personnage créé par l'entreprise Westinghouse Electric pour inciter les travailleuses à la tâche, pendant la Seconde guerre mondiale. 

« L’affaire Polanski a créé beaucoup de débats dans la profession. Dans certaines régions on a vu apparaître des actions spécifiques, qui n’existaient pas avant. A Marseille, Nantes ou Lyon par exemple on voyait des gens avant qui allaient manifester mais pas en s’identifiant comme venant du monde du spectacle », explique Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT-spectacle. 

Cette année, le mot d’ordre de la marche des Grandes gagnantes est principalement sur la réforme des retraites, mais précisément, explique Denis Gravouil, la réforme touche particulièrement les intermittentes parce qu’elle sanctionne les ruptures de carrière, qui impactent particulièrement à la fois les femmes et les intermittents. « Pour les femmes intermittentes c’est la double peine », estime Denis Gravouil. 

« Le monde de la culture est de plus en plus alerte sur cette question des droits des femmes, beaucoup de professions dans le domaine artistiques sont touchées par la réforme des retraites » abonde Julie El Mokran Tomassonne. 

A relativiser

Les organisatrices des Grandes gagnantes insistent toutefois pour relativiser. « Ce n’est pas un huit mars placé sous le signe de la culture », selon Julie El Mokran Tomassonn. Le mot d’ordre reste bien celui des retraites, quand bien même les affaires Haenel, Matzneff et Polanski colorent ce huit mars d’un teinte particulière. « Grandes gagnantes » est d’ailleurs une réponse aux propos du Premier ministre, qui avait estimé en décembre que les femmes seraient « les grandes gagnantes » de la réforme

Pour le collectif #NousToutes, si les affaires Haenel et Polanski permettent « de mobiliser plus les militants », le focus n’est pas pour autant spécifiquement cette année sur la culture. « Le mot d’ordre reste la lutte contre les violences », affirme Yuna Miralles, une des porte-parole. 

« C’est pas pris par le biais culture mais par le biais violences », confirme aussi Suzy Rojtman, du Collectif national des droits des femmes (CNDF). Qui ajoute, optimiste : « Les féministes sont conscientes de l’importance de faire le ménage par rapport aux violences dans le milieu de la culture. on est toutes en colère par ce qui s’est passé par rapport à l’affaire Polanski. On développera ça après le 8 mars. »