Lyon : Pourquoi il faut absolument voir l’exposition «Genesis» de Sebastião Salgado

EXPOSITION Présentée à la Sucrière à Lyon jusqu’au 10 mai, l’exposition «Genesis» du photographe Sebastião Salgado rend hommage à la nature

Lancelot Mésonier

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Iceberg entre l’île Paulet et les îles Shetland du sud dans la mer de Weddell. Péninsule Antarctique. 2005. Lancer le diaporama
Iceberg entre l’île Paulet et les îles Shetland du sud dans la mer de Weddell. Péninsule Antarctique. 2005. — Sebastião Salgado

Son passage à Lyon n’augmentera pas spectaculairement sa popularité, puisqu’elle est déjà l’exposition la plus fréquentée au monde avec plus de 4,6 millions de visiteurs. Mais cela représente une opportunité fabuleuse de pouvoir contempler le travail de l’un des photographes les plus réputés. Présentée pour la première fois en 2013 à Londres, l’exposition « Genesis », du brésilien Sebastião Salgado, est visible à la Sucrière de Lyon jusqu’au 10 mai.

L’occasion de (re) découvrir toute la beauté de la nature et sa complexité à l’heure où le changement climatique figure parmi les préoccupations majeures des citoyens.

Iguane marin. Galápagos. Équateur. 2004.
Iguane marin. Galápagos. Équateur. 2004. - Sebastião Salgado

La force du message

« Genesis », c’est d’abord la possibilité de rencontrer, par le biais de son œuvre, le maître des photos argentiques en noir et blanc, Sebastião Salgado : « Un des plus grands photoreporters du monde, il est incontournable », affirme Laura Salvée, cheffe de projet – responsable de la production de l’exposition. Après avoir passé sa vie à photographier ce qu’il a appelé « l’animal Homme », dans ses souffrances et ce qu’il peut avoir de plus noir, Sebastião Salgado a pris un contre-pied inattendu. Il a décidé de partir en expédition autour de la terre pour immortaliser ce qu’elle a de plus pur : la nature intacte.

Après 8 ans de voyage dans les endroits les plus isolés du monde, des îles Galapagos en passant par l’Antarctique ou l’Amazonie, il en ressort une exposition monumentale de 245 photos. Grâce à ses clichés en noir et blanc et son utilisation de la lumière, devenue sa signature, il nous emmène découvrir l’immensité et la grandeur de la nature comme cette cathédrale d’Iceberg dans l’antarctique, ou la puissance des regards des animaux qu’il a immortalisée.

Baleine franche australe. Péninsule Valdés. Argentine. 2004
Baleine franche australe. Péninsule Valdés. Argentine. 2004 - Sebastião Salgado

« Il nous montre le beau pour nous inciter à le conserver tel quel », décrit Laura Lalvée. C’est dans cette démarche que se trouve la force de son message. Un véritable « appel aux armes », comme il l’écrit dans un texte exposé à la sortie de l’exposition. « C’est le rôle de l’art, soutenir avec du sensible les maux de notre société », ajoute la jeune femme. Un message d’espoir surtout, car même là où elle peut sembler morte, il suffit parfois d’une graine pour que la nature reprenne ses droits.

Une expérience qu’il a faite lui-même, sous l’impulsion de sa femme. A la fin des années 1990, le couple s’est lancé dans un projet monumental en replantant la forêt qui entourait la ferme de ses parents au Brésil, disparue à cause des changements climatiques. Pari réussi, puisque aujourd’hui plus de 2,7 millions d’arbres ont été plantés et tout un écosystème est revenu à la vie.

Sebastião Salgado, un photographe à la rencontre des vestiges immaculés de la TerreSebastiao Salgado une oeuvre photographique comme une ode à la planète