César 2020 : Pour Pascal Bruckner, le ministre de la Culture Franck Riester est un « ministre de la censure »

CLASH L’essayiste lui reproche d’avoir critiqué l’attribution du César de la meilleure réalisation à Roman Polanski

20 Minutes avec AFP

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Le ministre de la Culture Frank Riester.
Le ministre de la Culture Frank Riester. — Jacques Witt/SIPA

Pascal Bruckner s’en mêle. Selon l’essayiste, en critiquant l’attribution du César de la meilleure réalisation à Roman Polanski pour J’accuse, le ministre de la Culture Franck Riester « s’est transformé en ministre de la censure ».

« On n’est pas en Union soviétique », a ajouté l’écrivain devant la presse en marge de la première réunion de l’académie Goncourt, qu’il vient de rejoindre en compagnie de la romancière Camille Laurens.

« Le courant pourrait un jour se retourner contre lui »

« Le ministre de la Culture doit superviser tous les métiers artistiques mais n’a pas à donner son avis (…) Je pense qu’il veut aller dans le sens du courant mais le courant pourrait un jour se retourner contre lui », a insisté l’auteur du Sanglot de l’homme blanc. Présent lors de la cérémonie des César, vendredi soir à Paris, Pascal Bruckner, proche de Roman Polanski, a jugé cet événement « terriblement long et ennuyeux ».

Il n’a pas été le seul à critiquer les déclarations du ministre selon qui le prix remis au réalisateur de J’accuse, visé par des accusations de viol, était « un mauvais signal ». « Nous espérons que quels que soient nos choix, le ministre de la Culture ne se mêlera pas de les critiquer parce que je ne sais pas quel est son degré de compétence en matière artistique », a ironisé Françoise Chandernagor, une des trois femmes membres de l’académie Goncourt. « Je me suis dit que s’il juge du cinéma il va peut-être vouloir juger de la littérature et à qui donner notre prix, c’est possible », a-t-elle ajouté.

« Elle était juste en colère »

Ancienne membre du jury Goncourt, la romancière Virginie Despentes a signé lundi dans Libération un texte incisif pour dénoncer la récompense remise à Roman Polanski et saluer le geste d’Adèle Haenel qui a quitté la salle à l’annonce du prix.

« Je ne préfère pas dire ce que je pense de ce texte en raison de la présence de journalistes », a commenté Françoise Chandernagor tandis que d’autres membres du jury jugeaient le texte de leur ancienne collègue « assez confus ». « Elle était juste en colère », a tenté de tempérer Tahar Ben Jelloun.