Une artiste française s'indigne d'avoir été déprogrammée au profit de Kanye West

COUP DE GUEULE L’artiste Phia Ménard accuse les Bouffes du Nord d’avoir déprogrammé son spectacle dimanche au profit du rappeur, selon un message posté lundi sur Facebook

20 Minutes avec AFP
— 
Le rappeur Kanye West
Le rappeur Kanye West — Chris Kleponis / Polaris / Starface

Entouré de 120 choristes gospel, Kanye West a donné par surprise ce dimanche son Sunday Service , une messe concert au théâtre des Bouffes du Nord. De quoi mettre en rogne l’artiste transgenre Phia Ménard, qui accuse le théâtre parisien d’avoir déprogrammé son spectacle dimanche au profit du rappeur, selon un message posté lundi sur Facebook.

La jongleuse, performeuse et metteuse en scène Phia Ménard affirme qu’une représentation de son spectacle Maison Mère a été « déprogrammée sous 24 heures de façon unilatérale » au profit de ce concert « sous l’argument fallacieux de “problèmes techniques” ».



Connue pour ses positions féministes et ses spectacles dénonçant sexisme et patriarcat comme Saison sèche présentée en 2018 au Festival d’Avignon, l’artiste nantaise de 49 ans ajoute, s’adressant à son public : « C’était un fake pour masquer la privatisation de ce théâtre privé au profit d’une messe religieuse et du fric du chanteur pro-Trump #KanyeWest », s’est indignée l’artiste de 49 ans.

« Je refuse le déni et le mépris pour notre équipe »

« Il me semble que lorsque l’on rompt un contrat de façon unilatérale et que l’on ment aux spectateurs délibérément, on n’en fait pas publicité ou alors c’est que l’on affiche son mépris », a-t-elle ajouté dans son message. L’AFP a contacté le théâtre qui n’a pas réagi dans l’immédiat.

« Je suis artiste, une femme trans, directrice de compagnie, je refuse le déni et le mépris pour notre équipe qui a travaillé durement pour faire exister cette tragédie de carton », précise encore Phia Ménard.

Et de conclure ainsi : « Je ne peux m’empêcher de penser et de m’associer aux puissants mots de Virginie Despentes dans sa tribune "Désormais on se lève et on se barre”. »