Coronavirus : Les technologies peuvent-elles empêcher l'épidémie de se propager ?

CONTAMINATION La Chine a utilisé toutes les technologies à sa disposition pour tenter de limiter la contamination

Laure Beaudonnet

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Un villageois chinois disperse du désinfectant avec un drone pour lutter contre la contamination du Coronavirus.
Un villageois chinois disperse du désinfectant avec un drone pour lutter contre la contamination du Coronavirus. — He Wuchang / Costfoto/Sipa USA/SIPA
  • La pneumonie virale se répand dans le monde entier pendant que les bilans diminuent en Chine, à l’épicentre de l’épidémie.
  • La Chine n’a reculé devant aucune prouesse technologique pour tenter de juguler l’épidémie.
  • Les nouvelles technologies sont-elles la réponse à cette crise ?

Les nouvelles technologies peuvent-elles nous aider à éviter le pire alors que la menace d’une pandémie  pèse sur le monde ? La Chine n’a reculé devant aucune prouesse technologique pour tenter de juguler l’épidémie de coronavirus.

Le pays, où le nouveau coronavirus est apparu en décembre sur un marché de Wuhan (centre), a enregistré 71 nouveaux décès au cours des dernières 24 heures mardi, chiffre le plus bas depuis près de trois semaines. Mais à l’extérieur du pays, plus de 2.000 cas de contamination, dont plus de 30 mortels, ont désormais été enregistrés.

Robots et drones pour éviter le contact

Drones, intelligence artificielle, robots sont-ils la réponse à la panique ? Ils aident en tout cas à limiter les contacts humains et la Chine ne s’est pas privée. Des serveurs androïdes prennent la place des hommes pour apporter les repas aux malades en quarantaine dans un hôpital de Wuhan, selon les médias chinois, relayés par un article de RFI. Dans la province du Jiangsu (est), des robots sur roues de 1,25 mètre de haut et d’une capacité de charge maximale de 145 litres s’occupent de livrer les résidents pour éviter toute contamination, selon le Centre d’Informations sur Internet de Chine.

Dans plusieurs villages du pays, des drones, prévus pour répandre des pesticides, ont été détournés pour désinfecter les rues tandis que d’autres livrent des médicaments ou des masques aux personnes assignées à résidence.

Si la technologie a un grand rôle à jouer pour éviter la propagation du coronavirus dans le cadre des quarantaines, elle peut aussi servir à diagnostiquer des nouveaux cas grâce à la reconnaissance faciale. Plusieurs entreprises chinoises, dont Baidu, ont mis au point des caméras infrarouges, dopées à l’intelligence artificielle, qui permettent de mesurer la chaleur corporelle de 15 personnes en même temps, à 0,3°C près, et de faire retentir une alarme en cas de fièvre.

Le problème de l’absence de symptôme

Prendre les températures permet de repérer les personnes à risque, mais si l’individu n’a pas de fièvre, s’il n’a pas incubé, la technologie ne sert plus à rien. « Le gros problème des maladies infectieuses, c’est que, bien souvent, les cas cliniques qui se déclarent représentent la partie émergée de l’iceberg, souligne François Renaud, chercheur du CNRS, spécialiste des maladies infectieuses et vecteurs. Il y a toute une communauté de personnes qui peuvent l’avoir et qui ne déclarent pas de signes cliniques ».

Plus que de la technologie, la Chine a surtout bénéficié de son système autoritaire pour limiter la contamination. « Le monde a eu de la "chance" que l’épidémie débute en Chine, car le pays est capable d’imposer des choses à ses citoyens qu’aucune démocratie ne serait capable d’imposer », analyse de son côté Jean-Michel Claverie, chercheur au laboratoire Information génomique et structurale (CNRS/Aix-Marseille Université). En effet, le pays a imposé des mesures de précaution très sévères à ses habitants.

D’après le New York Times, les mesures de restriction de déplacement et de contrôle concernent près de 760 millions d’habitants, soit plus de la moitié de sa population. Dans ce contexte, la tech permet de juguler, mais pas d’empêcher la maladie de se répandre. Il ne reste plus qu’à observer comment les autres pays touchés vont faire face à l’épidémie, avec ou sans drones.