Arabie saoudite: Les autorités de La Mecque demandent l'arrestation de la rappeuse Asayel Slay

MUSIQUE Aves son clip et sa chanson «Mecca Girl», Asayel Slay est accusée d'offenser les traditions des habitants de La Mecque

20 Minutes avec AFP

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Asayel Slay dans le clip de «Mecca Girl».
Asayel Slay dans le clip de «Mecca Girl». — Capture d'écran YouTube

Elle est accusée d’offenser « les coutumes et traditions » des habitants de La Mecque ( Arabie saoudite). Les autorités de la ville sainte, en l’occurrence le gouverneur Khaled al-Faiçal, ont appelé à arrêter Asayel Slay. Dans le clip de Mecca Girl («La fille de La Mecque »), cette rappeuse saoudienne apparaît voilée, lunettes de soleil sur le nez et salue le courage des femmes vivant à La Mecque. Elle les qualifie de « bonbons en sucre ».

Les propos de Khaled al-Faiçal, ont suscité sur Internet une vague d’indignation. « Je viens de La Mecque et la seule chose que je trouve offensante est votre racisme et misogynie et votre guerre contre une jeune femme », a déclaré sur Twitter un internaute saoudien, en référence notamment au fait que l’artiste est noire.

« C’est si typique du gouvernement saoudien : inviter des influenceurs occidentaux pour laver les crimes du régime mais attaquer les véritables femmes saoudiennes qui essaient d’exprimer artistiquement leur identité culturelle », a réagi une autre.

Répression des opposants

Sous l’impulsion du prince héritier Mohammed ben Salmane, le royaume cherche à se débarrasser de son image ultraconservatrice. Le pouvoir en place encourage l’essor des divertissements sur son territoire.

Un festival de musique électronique a ainsi été organisé en décembre près de la capitale, Ryad. De nombreuses Saoudiennes y ont assisté, parfois non voilées.

Cet assouplissement des normes sociales – bien accueilli par les habitants, dont les deux tiers ont moins de 30 ans- s’est aussi accompagné d’une répression des opposants. Les ONG ont dénoncé l’arrestation de journalistes, d’écrivains et de militants en novembre. Le royaume reste scruté par la communauté internationale sur son bilan en matière de droits humains.