Lyon : Danseurs et chorégraphes de renom menacent l'Opéra pour réintégrer Yorgos Loukos

DISCRIMINATION Dans une tribune publiée mercredi, ils exigent la réintégration de l’ancien directeur du ballet licencié en février après sa condamnation pour discrimination

C.G. avec AFP

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Danseurs et chorégraphes de rénom menacent l'Opéra de Lyon et exigent désormais la réintégration de l'ancien directeur du ballet licencié en février après sa condamnation pour discrimination.
Danseurs et chorégraphes de rénom menacent l'Opéra de Lyon et exigent désormais la réintégration de l'ancien directeur du ballet licencié en février après sa condamnation pour discrimination. — C; Villemain / 20 Minutes
  • Après plus de 30 ans passés à la tête du ballet de l’Opéra de Lyon, Yorgos Loukos a été licencié début février.
  • Il avait été condamné deux mois plus tôt par la cour d’appel de Lyon pour discrimination envers une ancienne danseuse.
  • Plusieurs artistes, danseurs et chorégraphes ont pris la plume pour demander sa réintégration.

Des chorégraphes de renom, des danseurs d’envergure et des stars du cinéma ont pris la plume pour défendre bec et ongles Yorgos Loukos, l’ancien directeur du ballet de l’Opéra de Lyon, licencié après sa condamnation pour discrimination. Dans une tribune publiée mercredi dans le journal Libération, ils demandent sa réintégration à la tête du ballet, jugeant son licenciement « arbitraire et incompréhensible » et qualifiant la décision de la cour d’appel de Lyon de « regrettable ».

« La décision d’une cour d’appel est, peut-être, irrévocable. Mais celle d’un conseil d’administration ne l’est pas », écrivent-ils rappelant que Yorgos Loukos a été licencié six mois avant son départ à la retraite. Et après 39 ans passés à la tête du ballet. Tous menacent de retirer leurs œuvres du répertoire de l’institution.

« Si comme nous le pensons, la majorité des danseurs du Ballet vote en sa faveur, Yorgos Loukos doit pouvoir achever sa mission », et « si cette demande n’était pas entendue, il est à craindre que les chorégraphes signataires n’auraient d’autres solutions que de retirer leurs œuvres du répertoire du Ballet de l’Opéra national de Lyon », ajoutent-ils

Licencié début février

Début février, un conseil d’administration extraordinaire de l’Opéra a voté le licenciement de Yorgos Loukos, condamné en décembre en appel pour avoir demandé le non-renouvellement du contrat d’une danseuse à son retour de congé maternité.

« Huit danseuses sur seize sont actuellement mères d’un ou plusieurs enfants. (…) Ce sont plus de 25 danseuses qui furent dans ce cas au cours des années passées », rappellent les signataires, ajoutant que « plusieurs d’entre elles se sont vues attribuer un CDI après la naissance de leur premier enfant ». « Chose que réclamait la plaignante, mais qui ne lui avait pas été accordée pour des raisons artistiques n’ayant rien à voir avec une quelconque discrimination », assurent-ils.

« C’est pas entre 35 et 40 que tu vas faire plus, en plus avec un enfant »

En 2014, Karline Marion, 34 ans, en CDD à l’Opéra de Lyon depuis cinq ans, s’était vu notifier par lettre le non-renouvellement de son contrat, deux jours après son retour de congé maternité. Auprès de la ville de Lyon qui engage les danseurs, Yorgos Loukos avait mis en avant sa « faiblesse physique et stylistique » et un « style trop classique ».

Lors d’un entretien quelques jours plus tard, enregistré par la danseuse, Yorgos Loukos expliquait : « Si entre 29 et 34 ans, tu as fait pas mal, mais pas beaucoup, c’est pas entre 35 et 40 que tu vas faire plus, en plus avec un enfant ».