Accusé d'homophobie, le rappeur Koba LaD déprogrammé de plusieurs festivals

DERAPAGE Le rappeur est accusé d’avoir tenu des propos homophobes sur Snapchat

C.W. avec AFP

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Le rappeur Koba LaD.
Le rappeur Koba LaD. — SADAKA EDMOND/SIPA

EDIT du 18 février à 21 h 40 : L’article a été mis à jour après la déprogrammation de Koba LaD dans de nouveaux festivals.

Depuis ce week-end, Koba LaD est au cœur d’une vive polémique qui a vu le jour sur Snapchat. Le rappeur est accusé d’avoir publié des propos homophobes, avant de s’empêtrer dans des explications obscures et hasardeuses.

Des publications qui pourraient fortement entacher la carrière du jeune artiste, dont le succès ne cesse de croître depuis plus d’un an. Koba LaD a été notamment déprogrammé ce mardi par le Main Square Festival à Arras et par le VYV Festival à Dijon.

« Ses idées n’ont pas leur place »

« Si nous voulons croire en la maladresse d’un jeune homme dont les actes ont pu dépasser la pensée dans un contexte d’hyper connectivité, il n’en demeure pas moins que les idées qui ont été véhiculées n’ont pas leur place dans la Citadelle (d’Arras) », expliquent les organisateurs du Main square Festival dans un communiqué. Le Main Square Festival se décrit en outre comme « un espace de partage, de tolérance et de bienveillance, valeurs qui font partie de l’ADN du festival et de son territoire ».

Les organisateurs du VYV Festival à Dijon ont également pris la décision d’annuler la venue de Koba LaD le 13 juin. « Maladresse ou conviction, il en va de la responsabilité d’un artiste populaire, quels que soient son âge et ses positions, de ne pas susciter par son comportement la haine à l’égard de l’autre », ont-ils twitté. « Vivre ensemble, accepter l’autre tel qu’il est, s’opposer à toute forme de discrimination, c’est ce que défend le VYV Festival, c’est même le cœur de son identité », concluent-ils.

Pour la promotion « des artistes qui partagent des valeurs (de) tolérance »

Le festival Garonord de Marmande (Lot-et-Garonne) a également annoncé dans un communiqué la déprogrammation du rappeur fin juin, disant vouloir mettre en avant "des artistes qui partagent des valeurs et des principes prônant la tolérance et le respect de tous, loin de tout propos et comportements discriminatoires".

Le festival Art Rock a pour sa part indiqué être en contact avec l’équipe du rappeur. « Nous demandons des explications suite à sa publication sur Snapchat. Le festival Art Rock condamne fermement les propos homophobes, et, plus largement, tout discours ou comportement haineux et discriminatoire », expliquent ses organisateurs dans un communiqué. Même discours du côté de We Love Green.

D’étranges justifications

Si son nom est inconnu de certains, pour d’autres, Koba LaD est l’un des rappeurs les plus prometteurs de sa génération. Originaire d’Evry (Essonne), l’artiste de 19 ans a connu ses premiers succès en 2017 avec ses freestyles Ténébreux, suivis de deux albums studio : VII en 2018 (certifié disque de platine), et Affranchis en 2019. Il est également connu pour ses nombreuses collaborations, entre autres avec Ninho, Niska et Heuss l’Enfoiré.

Dimanche, Koba LaD aurait mis en ligne un post éphémère où apparaît un article sur le meurtre d’un jeune garçon américain, tué par son père « parce qu’il était gay ». Un fait divers qui remonterait à 2017, rapporte Konbini. En bas de la publication, Koba LaD se serait félicité de cet infanticide en légendant la photo d’un « Bien joué », accompagné d’émojis de mains qui se serrent.

Face à de nombreuses réactions indignées, le rappeur aurait alors publié un message pour s’expliquer : « Je vois que ça commence à faire polémique, j’suis pas homophobe, essayez pas de me coller une étiquette. Dieu pour tous. Je cautionne pas le screen [la capture d’écran] qui tourne. » Un texte suivi d’une vidéo où il précise ne pas être l’auteur de la publication qu’il a relayée. Mais, alors qu’il voulait probablement éclaircir la situation et éteindre le feu, le jeune homme s’est empêtré dans de douteuses justifications. « Je cautionne pas du tout le meurtre, ni l’enfant gay », explique-t-il dans une première vidéo. « Je ne cautionne pas le meurtre. Après, l’enfant gay, franchement… Chacun pour soi, Dieu pour tous », ajoute-t-il dans une seconde vidéo.