Graeme Allwright est mort

MUSIQUE L’artiste français d’origine néo-zélandaise est décédé ce dimanche à l’âge de 93 ans

F.R. avec AFP

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Le chanteur Graeme Allwright, en 2011.
Le chanteur Graeme Allwright, en 2011. — SADAKA EDMOND/SIPA

Il avait enrichi le répertoire musical français de reprises d’artistes folk américains. Le chanteur Graeme Allwright est décédé ce dimanche, a annoncé sa famille à l’AFP. Il avait 93 ans.

« Il est décédé cette nuit, dans la maison de retraite où il résidait depuis une année » en région parisienne, a révélé sa fille Jeanne Allwright.

L’artiste français d’origine néo-zélandaise (il est né à Wellington en 1926) a fait carrière discrètement, en adaptant en français des standards du protest song américain, ainsi que des chansons de Leonard Cohen. En 2017, un an après le décès de ce dernier, Graeme Allwright lui avait rendu hommage via la chanson Leonard.

« Un peu hippie en marge du show-business »

« C’était un chanteur engagé pour la justice sociale, un chanteur un peu hippie en marge du show-business qui a refusé des télés. Il a chanté jusqu’au bout, il a adoré être sur scène », a expliqué Christophe Allwright, l’un de ses fils.

Graeme Allwright avait commencé sa carrière comme acteur en Angleterre après la Seconde Guerre mondiale, avant de s’installer en France en 1948. Il s’est lancé dans la chanson à presque 40 ans, avec un premier disque en français baptisé Le trimardeur, adapté du « protest singer » Pete Seeger.

Son répertoire contestataire, antimilitariste et profondément humaniste résonnait avec les aspirations de la jeunesse française de l’époque.

Petites boîtes (adaptation de Malvina Reynolds), Jusqu’à la ceinture (Pete Seeger), Qui a tué Davy Moore ? (Bob Dylan), Johnny (texte original) et surtout Le jour de clarté (Peter, Paul & Mary), son plus grand succès, furent des hymnes de Mai-68.

Une réécriture de l’hymne national

Il est également connu pour avoir écrit en 1968 la chanson de Noël pour enfant Petit Garçon, version francophone d’Old Toy Trains de Roger Miller, ou encore Sacrée Bouteille (d’après Bottle of Wine de Tom Paxton).

En 2010, l’Académie Charles Cros lui a décerné un « grand prix in honorem » pour l’ensemble de sa carrière.

En 2005, il avait écrit sa propre version de l’hymne national français, La Marseillaise de Graeme Allwright pour conjurer les paroles « belliqueuses » de Rouget de Lisle.