En pleine « crise de confiance », le Syndicat national de l’édition va créer des Assises de la BD

BANDE-DESSINEE Le SNE espère ainsi rétablir la confiance avec les auteurs et autrices de BD mobilisés

Mathilde Loire

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Les auteurs et autrices de BD ont dénoncé leur conditions de travail lors du dernier festival d'Angoulême.
Les auteurs et autrices de BD ont dénoncé leur conditions de travail lors du dernier festival d'Angoulême. — YOHAN BONNET / AFP

Le Syndicat national de l’édition (SNE) va créer des Assises de la BD, annonce Moïse Kissous, fondateur du groupe Steinkis et président du groupe BD au SNE, dans un entretien au site ActuaLitté qui sera publié dimanche.

Selon cet éditeur, le but de ces assises et de répondre « à la crise de confiance que nous traversons ». « J’entends des auteurs me dire que la situation est délétère, qu’ils n’aiment pas la manière dont les choses s’expriment sur les réseaux sociaux », déclare Moïse Kissous au site spécialisé. « J’ai convaincu mes confrères que nous devions monter des Assises de la bande dessinée : cela fait un moment que nous mesurons la complexité de la situation, que nous échangeons et cherchons à trouver des solutions. Et surtout, qu’on refuse de dire oui à des solutions trop faciles ou trop évidentes. »

Contexte de crise

Pour lui, cet événement doit faciliter « les conditions d’un débat, d’un échange, d’un partage, qui permette à chacun de mieux comprendre la situation de l’autre. Et qui je l’espère, aboutira à quelque chose ». « Nous sommes dans un état de fait, où la confiance s’est un peu rompue, qu’il faut la renouveler. Et nous souhaitons que la main tendue soit saisie, parce qu’elle l’est de bonne foi », précise l’éditeur.

Le SNE entend organiser ces assises avant l’été 2020, en pleine année de la BD. Cette proposition intervient dans un contexte de crise entre les auteurs et les éditeurs. Un collectif de 3.500 auteurs et autrices a signé jeudi dans Le Monde une tribune appelant l’Etat à donner aux auteurs et autrices « des conditions plus justes et dignes ».

« L’éternelle variable d’ajustement des industries créatives »

Cette tribune s’appuie notamment sur le rapport de Bruno Racine, L'auteur et l'acte de création, dont le contenu a été dévoilé le 31 janvier. Il dresse le constat d’une profession précarisée, dont les conditions de vie et de travail ne cessent de se dégrader, en particulier pour les auteurs et autrices de BD. Le festival international de BD (FIBD) d’Angoulême a d’ailleurs été, cette année, un lieu de revendication pour des artistes-auteurs mobilisés. Plusieurs d’entre elles et eux ont assuré que, faute de mesures significatives pour améliorer leur statut, ils boycotteraient le FIBD 2021.

« Si les mesures préconisées sont appliquées, les artistes-auteurs cesseront enfin d’être l’éternelle variable d’ajustement des industries créatives. Les créateurs et créatrices retrouveront leur juste place », affirment les signataires de la tribune publiée le 13 février.

Le rapport Racine émet 23 recommandations pour améliorer le statut des artistes-auteurs. Le ministre de la Culture Franck Riester doit annoncer mardi prochain à 11 heures quelles mesures le gouvernement compte mettre en place. Mais le SNE, qui rassemble plus de 700 éditeurs, a réclamé une étude d’impact. Par la voix de son président Vincent Montagne, président du groupe Media Participations, le syndicat s’oppose à la demande des auteurs et autrices de percevoir au minimum 10 % du prix d’un livre.