César 2020: Des associations féministes appellent à voter contre « J’accuse » de Polanski

LETTRE OUVERTE Osez le Féminisme !, le Planning Familial, ou le Collectif Féministe Contre le Viol appellent à voter contre « J’accuse » de Roman Polanski, qui a récolté 12 nominations aux César

A.L.

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Des féministes manifestent contre la rétrospective Roman Polanski ce lundi 31 octobre 2017.
Des féministes manifestent contre la rétrospective Roman Polanski ce lundi 31 octobre 2017. — Francois Mori/AP/SIPA

Des associations et personnalités féministes, en colère contre les 12 nominations aux César du film J’accuse de Roman Polanski, ont publié ce mardi dans le quotidien Le Parisien une « lettre ouverte » pour appeler les professionnels et professionnelles du cinéma qui vont voter le 28 février lors de la cérémonie, à « refuser de décorer » le réalisateur, accusé par douze femmes de violences sexuelles, dont sept qui l’ont fait en leur nom propre.

« Polanski instrumentalise l’affaire Dreyfus pour se réhabiliter »

Parmi les associations, on trouve des organisations bien installées dans le paysage féministe, comme Osez le Féminisme !, le Planning Familial, ou le Collectif Féministe Contre le Viol. Mais aussi des personnalités, comme Hélène Bidard, adjointe à la Maire de Paris en charge de l’égalité femmes hommes.

« En 2018 aux César, vous arboriez en nombre le ruban blanc #MaintenantOnAgit contre les violences masculines. En 2019, vous souteniez Adèle Haenel, son courage et sa vérité (…). En 2020, vous avez la responsabilité de prendre position », écrivent ces personnalités qui estiment que « Polanski utilise sa notoriété, instrumentalise l’affaire Dreyfus pour se réhabiliter et se poser en victime alors qu’il est bourreau ».

Parmi les douze accusations visant Roman Polanski, tous les faits sont aujourd’hui prescrits. Plus aucun ne peut donner lieu à des poursuites, sauf la première affaire, celle impliquant Samantha Geimer, parce que ces faits ont été reconnus à l’époque par l’auteur lui-même, et qu’une procédure a été engagée. Cette adolescente de 13 ans au moment des faits l’accuse de l’avoir droguée et violée. Si le procès n’a pas eu lieu, c’est parce que Roman Polanski lui-même l’a fui : en 1977, après avoir fait 42 jours de prison, et à la veille de l’audience qui devait homologuer son plaider-coupable, alors que le juge avait fait volte-face et voulait le condamner plus durement, Roman Polanski s’est envolé pour la France, qui a refusé ensuite de l’extrader.

Les associations féministes appellent à se rassembler sur le lieu de la cérémonie des César, devant la salle Pleyel, le 28 février 2020, à 18 heures.