César: L'Académie demande une médiation après que 200 personnalités ont étrillé son fonctionnement

REFORME Les signataires jugent insuffisants les changements promis par son président Alain Terzian pour remédier à son fonctionnement « élitiste et fermé ».

20 Minutes avec AFP

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Un César au musée Louis de Funès en août 2019.
Un César au musée Louis de Funès en août 2019. — JP PARIENTE/SIPA

Deux cents personnalités du cinéma français parmi lesquelles Omar Sy, Bertrand Tavernier, Céline Sciamma ou Agnès Jaoui réclament une « réforme en profondeur » de l’Académie des César, dans une tribune publiée lundi soir sur le site du Monde. Les signataires jugent insuffisants les changements promis par son président Alain Terzian pour remédier à son fonctionnement « élitiste et fermé ».

Dans un entretien au Journal du dimanche, Alain Terzian avait annoncé des mesures en vue d’instaurer la parité au sein de l’Académie, dont seulement 35 % des membres sont des femmes, promettant de conduire une « révolution culturelle ». Des mesures que l’Académie a confirmé vouloir engager, dans un communiqué publié lundi soir, en commençant par son conseil d’administration qui doit devenir paritaire d’ici la fin de l’année.

« Opacité des comptes » et manque de démocratie

« Nous nous réjouissons de ces changements à venir, mais ils nous semblent insuffisants », protestent les signataires d’une tribune publiée dans la foulée, sur le site du Monde. Ils se plaignent, bien qu’étant membres de l’Académie des César, de n’avoir « aucune voix au chapitre ni dans les fonctionnements de l’académie et de l’association [qui la régit], ni dans le déroulé de la cérémonie ».

Leurs reproches principaux : « dysfonctionnements », « opacité des comptes » génératrice de fantasmes, et des statuts qui « n’ont pas évolué depuis très longtemps » et reposent encore et toujours sur « la cooptation ».

Demande de médiation

Quant aux promesses de parité, « il s’agirait de nouveau d’un système de cooptation, vestige d’une époque que l’on voudrait révolue, celle d’un système élitiste et fermé », dénoncent-ils, réclamant de pouvoir voter directement pour pouvoir élire leurs représentants, comme c’est le cas pour les Oscar et les Bafta (Royaume-Uni).

L’Académie a été créée en 1975 par le journaliste et producteur Georges Cravenne, qui a désigné un collège de fondateurs récompensés par un Oscar comme Claude Berri, Claude Lelouch, Michel Legrand ou Costa-Gavras.

Ce lundi, l'Association pour la promotion du cinéma a réagi en disant avoir «pris acte des critiques, questionnements et remarques quant à la gouvernance de l'Académie» et a demandé une «médiation» au Centre national du cinéma (CNC). Elle «appelle à l'apaisement pour que ne soit pas mis en danger le bon déroulement» de la 45e édition des César qui sera retransmise le 28 février en direct sur Canal+.