VIDEO. Bordeaux : De « E.T. » à « Jurassic Park », le festival Ciné-Notes va explorer l'univers des musiques de films fantastiques

INTERVIEW La troisième édition du festival Ciné-Notes de Bordeaux, aura pour thème cette année « Monstres et Créatures », avec notamment un ciné-concert d’E.T.

Mickaël Bosredon

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L'orchestre national Bordeaux Aquitaine
L'orchestre national Bordeaux Aquitaine — Opera de Bordeaux
  • Benoit Daldin est le créateur et le directeur artistique de Ciné-Notes, le festival de musique de films de l’opéra de Bordeaux.
  • Le thème sera cette année « Monstres et Créatures », et l’œuvre du compositeur Jerry Goldsmith sera mise à l’honneur.
  • Outre un ciné-concert, le programme prévoit un grand concert symphonique, qui sera dirigé par Diego Navarro.

Le mariage de la musique et du cinéma va encore faire des étincelles cette année. La troisième édition du festival de musique de films de l'Opéra national de Bordeaux, Ciné-Notes, se tiendra du 18 au 29 mars. La thématique, Monstres et Créatures, va permettre d’explorer toutes les facettes de cet univers si particulier qu’est la musique de film. 20 Minutes a interrogé le créateur et directeur artistique de l'événement, Benoit Daldin.

Benoit Daldin, directeur artistique du festival Ciné-Notes.

Quel est le fil rouge du festival Ciné-Notes ?

C’est un festival éclectique. Il y aura une thématique cette année, Monstres et Créatures, et un compositeur, Jerry Goldsmith, sera mis à l’honneur. Il a signé la musique de nombreux films de monstres et créatures, comme Alien, Gremlins ou La planète des singes. Nous proposerons un concert symphonique à l’auditorium, joué par l'ONBA (Orchestre national Bordeaux Aquitaine) dirigé par Diego Navarro – qui est le plus grand chef d’orchestre de musiques de film à l’heure actuelle –, avec des grandes œuvres très connues (Les Dents de la mer, Jurassic Park, La planète des singes…), et des partitions rares (La Mouche, Dracula, ou La Belle et la Bête).

Le chef d'orchestre Diego Navarro
Le chef d'orchestre Diego Navarro - Aaron Ramos

Nous produirons aussi un ciné-concert, E.T, que l’on ne présente plus, même si finalement on connaît mal la partition complète de John Williams qui est un petit chef-d’œuvre.

Pourquoi E.T. ?

E.T. est l’archétype du vrai grand ciné-concert qu’il faut présenter. Spielberg avait d’ailleurs trouvé la partition tellement géniale, qu’il a remonté toute la fin du film pour qu’elle colle à la musique.

Le ciné-concert est un genre en vogue depuis quelques années, mais il y a le bon ciné-concert, et le mauvais, non ?

Le ciné-concert explose effectivement, mais tous ne se valent pas. Un bon ciné-concert pour moi, c’est un spectacle total : il faut suffisamment de musique pour le justifier, et que la musique soit assez bonne pour être jouée. A l’inverse, il y a des musiques de film qui ne sont pas très intéressantes, et qui sont pourtant montées en ciné-concert. Par exemple, Le Parrain, le film de Coppola avec la musique de Nino Rota, c’est une vraie erreur : le film dure 3 h, mais vous avez 45 minutes de musique. L’orchestre se retrouve donc pendant plus de deux heures sur scène sans jouer. Cela, pour moi, c’est impossible. Enfin, et là je parle spécifiquement de Ciné-Notes, je ne veux que de la musique live, or beaucoup de ciné-concerts sont obligés d’amplifier pour faire ressortir tel ou tel instrument.

Toutes les musiques de films ne peuvent donc pas être jouées dans ce genre de festival ?

Non. D'abord, il y a tout simplement beaucoup de films dans lesquels il y a très peu de musique. Deuxième raison, la musique de film est enregistrée en studio, où l’on fait ce que l’on veut, avec le nombre de musiciens que l’on veut, or en concert il y a évidemment plus de contraintes, si bien que certaines musiques de film ne fonctionnent pas en live.

Existe-t-il un âge d’or de la musique de film ?

Il y a un âge d’or de la musique pour orchestre symphonique, qui va de la fin des années 1930 jusqu’au début des années 1970, avec des compositeurs comme Bernard Herrmann ou Max Steiner… Ces grands compositeurs européens sont arrivés à Hollywood durant la guerre, pour trouver du travail, et ils ont écrit de très grandes partitions pour le cinéma, comme Autant en emporte le vent, King Kong, ou encore les films d’Hitchcock. Après, dans les années 60 et 70 arrivent le jazz et la pop, avec d’autres façons de considérer la musique de film. Aujourd’hui, il y a beaucoup de musiques qui sont réalisées par programme informatique, ce qui me gêne un peu. Mais nous avons encore de très grands compositeurs, comme Pierre Adenot et Mathieu Alvado, qui sont à l’affiche du festival cette année.

Quel est le public qui se rend à Ciné-Notes ?

C’est un public qui ne vient pas écouter Brahms et Beethoven habituellement, mais qui est attiré par les grandes affiches de cinéma que l’on propose. Les Dents de la mer ou Jurassic Park, ça parle à tout le monde.

Festival Ciné-Notes, du 18 au 29 mars. Programme et réservations sur le site de l'opéra de Bordeaux. 

Le concert du pianiste Thomas Enhco à 1 euro pour les moins de 28 ans

Le festival Ciné-Notes donnera carte blanche au jeune pianiste de jazz Thomas Enhco, qui improvisera autour du thème « Monstres et Créatures ». Il nous emmènera ainsi visiter avec son piano les univers d'Harry Potter, de Dracula, du Seigneur des Anneaux... Ce concert à l'auditorium est proposé au tarif exceptionnel d'un euro pour les moins de 28 ans, et à 12 euros en tarif normal. Samedi 28 mars à 21 h.