George Steiner, écrivain et critique littéraire, est mort à 90 ans

DISPARITION Les réflexions de George Steiner épousaient un spectre allant de la religion à la musique, la peinture et l’histoire

20 Minutes avec AFP

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George Steiner en septembre 2010.
George Steiner en septembre 2010. — AGF s.r.l. / Rex Featur/REX/SIPA

L’essayiste et critique littéraire franco-américain George Steiner, dont les réflexions épousaient un spectre allant de la religion à la musique, la peinture et l’histoire, est mort lundi à l’âge de 90 ans à son domicile à Cambridge, en Angleterre. C’est son fils David Steiner qui a annoncé la nouvelle au New York Times.

Né en 1929 à Paris au sein d’une famille juive d’origine viennoise, George Steiner a enseigné dans les prestigieuses universités américaines de Princeton, Yale et New York, ainsi qu’à Cambridge et à Genève. Son thème de prédilection était la capacité humaine à écrire et à parler, dont il a tiré une œuvre clé parue en 1967, intitulée Parler et se taire.

« Un penseur majeur »

« Le grand, le subtil, l’exigeant George Steiner, laisse une œuvre vertigineuse, d’une érudition iconoclaste, hantée par la monstruosité engendrée par la grande culture européenne », a réagi sur Twitter l’écrivain Jacques Attali, rendant hommage à « un ami attendrissant, masquant noblement de grandes blessures ».

« Avec la disparition de George Steiner, nous perdons un penseur majeur. Son érudition littéraire immense donnait du bonheur à tous ceux qui le lisaient ou l’écoutaient », a commenté sur le même réseau social le ministre français de l’Education, Jean-Michel Blanquer.

Selon le New York Times, l’écrivain était aussi une « figure clivante » : « Les admirateurs de M. Steiner trouvaient son érudition et ses arguments brillants. Les détracteurs le trouvaient verbeux, prétentieux et souvent inexact ».

George Steiner « est un maître du mot et l’une des rares figures de notre temps à disposer d’un savoir universel de notre temps », avait déclaré l’ancien ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer en lui remettant le prix allemand Ludwig-Boerne de la critique et des essais littéraires en 2003. Il laisse derrière lui sa femme Zara Alice Shakow, une historienne des relations internationales, un fils, une fille et deux petits-enfants.