Festival de Gérardmer: Les films fantastiques français préférés de la grande famille du cinéma de genre sont...

CINEMA Alors que la 27e édition du Festival de Gérardmer met à l’honneur le cinéma de genre français des trente dernières années, « 20 Minutes » a demandé aux cinéastes concernés quel était leur film fantastique tricolore préféré

Fabien Randanne

— 

Béatrice Dalle dans
Béatrice Dalle dans — RONALDGRANT/MARY EVANS/SIPA
  • La 27e édition du Festival du film fantastique de Gérardmer, qui se poursuit jusqu’à dimanche, met cette année à l’honneur le cinéma de genre à la française des trente dernières années.
  • En plus de la rétrospective au programme, ce samedi soir, une vingtaine de cinéastes seront réunis pour une grande photo de famille sur la scène principale de l’événement.
  • « 20 Minutes » a demandé à une partie des réalisatrices et réalisateurs invités quel est leur film fantastique français préféré des trois dernières décennies.

Cocoricouic ! Pour sa 27e édition, le Festival de Gérardmer regarde dans le rétro et met à l’honneur le cinéma fantastique et horrifique français des trente dernières années.

Ce samedi soir, sur la scène de l’Espace Lac, une vingtaine de réalisatrices et réalisateurs français (belges ou franco-suisses) s’étant illustrés dans le domaine sera réunie pour une photo de famille qui aura de la gueule. Pour l’occasion, 20 Minutes a demandé à une partie des personnalités invitées quel était leur film de genre français préféré sorti depuis 1990. Les réponses sont éclectiques, premier ou second degré, et composent une liste d’œuvre à (re) voir de toute urgence !

  • Alexandre Aja, réalisateur de « Haute Tension », « Crawl »…

« Seul contre tous (1999) ou Enter The Void (2010) de Gaspar Noé. Aventure visuelle et intellectuelle absolue affranchie de toute approche postmoderne et référentielle au genre. Du vrai cinéma d’auteur. »

  • Marina De Van, réalisatrice de « Dans ma peau », « Ne te retourne pas »…

« Mon film de genre français préféré de ces trente dernières années est Haute tension (2003), d’Alexandre Aja. Pour la virtuosité de sa mise en scène et sa puissance de bout en bout. »

  • Fabrice Du Welz, réalisateur de « Calvaire », « Adoration » (actuellement en salle)…

«Les Garçons sauvages (2018) de Bertrand Mandico. Parce que c’est un film étrange et pénétrant. Un poème halluciné sur pellicule, une œuvre complètement libre et audacieuse. »

  • Sébastien Marnier, réalisateur de « Irréprochable », « L’heure de la sortie »

« Je dirais Trouble Every Day (2001) de Claire Denis. Parce que dans ma cinéphilie, c’était le premier film français qui parvenait à faire le lien entre la pure horreur et le pur film d’auteur. Et surtout, c’était un film que la presse intello soutenait ! Bêtement, à ce moment-là, je me suis dit que c’était donc possible de faire un film de terreur qui plairait aux Cahiers du cinéma. Aujourd’hui, ces questions me paraissent naïves mais c’est vraiment comme ça que je l’ai ressenti à l’époque. Ce film m’a terrorisé et ébloui à la fois, il m’a fait l’effet d’un trip dont je ne serais jamais vraiment remonté… Béatrice Dalle était inoubliable et elle tisse un autre fil avec mon autre film chéri, A l’intérieur (2007) de Julien Maury et Alexandre Bustillo. »

  • Hélène Cattet et Bruno Forzani, coréalisateurs de « Amer », « L’étrange couleur des larmes de ton corps »…

« Maniac (2012) de Franck Khalfoun pour sa mise en scène opératique qui rappelle l’âge d’or du giallo [sous-genre du cinéma policier né en Italie à la fin des années 1960 et reposant sur un univers très stylisé, codifié, fétichiste].

Le diptyque Carne (1991) de Gaspar Noé et La Bouche de Jean-Pierre (1996) de Lucile Hadzihalilovic qui, en plus d’être deux perles sonores et visuelles, sont deux coups de poing ! »

  • Xavier Gens, réalisateur de « Hitman », « Frontière(s) », « The Divide »…

« C’est une question compliquée car j’en aime beaucoup. Haute Tension et Le Pacte des loups (2001) sont des films important pour le genre français. Je dirais que mon film de genre français préféré sur les trente dernières années est Martyrs (2008) de Pascal Laugier. Pour sa radicalité, son amour du cinéma. Ce n’est pas seulement un film de genre mais un grand film métaphysique qui convoque des auteurs tels que Clive Barker ou encore David Cronenberg. Martyrs est un tournant pour le genre français et surtout un de nos meilleurs représentants à l’étranger. Il fait partie de la vague " French Frayeur" dont je suis issu et il en est la plus grande réussite. »

  • Julien Maury, coréalisateur de « A l’intérieur », « Aux yeux des vivants »…

« Martyrs de Pascal Laugier. Ce film est certes d’une brutalité radicale et d’une violence âpre mais c’est surtout une vision très mature de l’épouvante. Le film est d’une telle sincérité et d’une si profonde mélancolie qu’il touche droit au cœur et à l’âme. »

  • Alexandre Bustillo, coréalisateur de « A l’intérieur », « Aux yeux des vivants »…

« Mon film de genre français préféré des trente dernières années est Haute Tension d’Aja, car ce film a montré qu’il était possible de faire des films d’horreur français capables de rivaliser avec les meilleurs films américains du genre. »

  • Blaise Harrison, réalisateur des « Particules »

« Le film de genre français qui m’aura peut-être le plus marqué ces dernières années est en réalité une série récente : Coincoin et les Z'inhumains (2018) de Bruno Dumont – cinéaste que j’admire et qui m’a toujours beaucoup inspiré – parce qu’il y explose et se réapproprie les codes du fantastique et de la comédie burlesque pour en faire une œuvre inédite, radicale et folle, à la fois drôlissime et inquiétante ; et parce que sa séquence finale est probablement la plus belle que j’aie jamais vue… »

  • Marc Caro, coréalisateur de « Delicatessen » et « La cité des enfants perdus »

« Rubber (2010) de Quentin Dupieux ! Pour avoir mis à l’honneur l’industrie pneumatique française sans montrer le bonhomme Michelin… du grand art ! »

  • Dominique Rocher, réalisateur de « La nuit a dévoré le monde »

« J’ai envie de parler de Holy Motors (2012) de Leos Carax. Pour Denis Lavant, bien sûr, qui montre dans ce film toute l’amplitude de son talent. Il y a là un engagement envers son travail que j’aimerais voir chez chaque acteur français. Je suis honoré d’avoir pu travailler avec lui pour mon premier film. La créativité, l’intransigeance et la liberté de Leos Carax m’inspirent énormément. Il s’est créé une filmographie unique dans le paysage mondial avec des chefs-d’œuvre comme Mauvais Sang ou Les Amants du Pont-Neuf, et j’attends son prochain film, Annette, avec une grande impatience. »

20 secondes de contexte

Les cinéastes sollicités ont répondu par mail. Merci à Gustave Shaïmi, attaché de presse chez Le Public Système Cinéma, pour son aide précieuse.