Affaire Matzneff : L’écrivain dit « regretter » ses pratiques pédophiles en Asie

PEDOCRIMINALITE Gabriel Matzneff affirme « regretter » ses pratiques pédophiles passées en Asie, tout en faisant valoir qu'« à l’époque[...], jamais personne ne parlait de crime »

20 Minutes avec AFP

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Gabriel Matzneff en 2015
Gabriel Matzneff en 2015 — ANDERSEN ULF/SIPA

Réfugié en Italie depuis que l’affaire a éclaté, Gabriel Matzneff sort du silence. L’écrivain affirme « regretter » ses pratiques pédophiles passées en Asie, tout en faisant valoir qu'« à l’époque, […] jamais personne ne parlait de crime », dans un entretien à BFMTV, où il est filmé de dos, diffusé ce mercredi.

Sous le coup d’une enquête pour viols sur mineur de moins de 15 ans, après la parution du livre de l’éditrice Vanessa Springora Le Consentement, où elle décrit sa relation sous emprise avec l’écrivain dans les années 80, débutée quand elle avait 13 ans, Gabriel Matzneff déclare ne pas avoir « envie de lire » le livre de Vanessa Springora. « Je ne dirai jamais rien contre elle car c’est une personne lumineuse », souligne-t-il.

« Je me sens détruit socialement »

Il dénonce en revanche la décision du ministre de la Culture Franck Riester de demander la suspension de l’allocation annuelle publique qu’il perçoit depuis 2002. « En quelques semaines, je me sens détruit socialement. (…) L’État enfonce le clou pour m’enfoncer la tête dans l’eau, lance-t-il. Que je me tue, que je me tue, c’est ça le piège ! C’est vraiment l’Union Soviétique ! Allez, Matzneff, au goulag. Je ne sais pas comment je tiens le coup. »

« On parlait de détournement de mineur »

« Un touriste, un étranger, ne doit pas se comporter comme ça. On doit, adulte, détourner la tête, résister à la tentation. Naturellement, je regrette, de même que si je fais quelque chose qui n’est pas bien, je le regrette », dit-il encore. « A l’époque », fait-il toutefois valoir, « on parlait de détournement de mineur, d’incitation du mineur à la débauche, d’atteinte à la pudeur… Mais jamais personne ne parlait de crime ».

Et d’ajouter : « C’était il y a plus de 40 ans ! (…) Vous étiez là comme voyageur et vous aviez des garçons et des filles jeunes qui vous draguaient et vous sautaient dessus, sous l’œil bienveillant de la police. »

L’attirance revendiquée de Gabriel Matzneff, aujourd’hui âgé de 83 ans, pour les « moins de 16 ans » et pour le tourisme sexuel avec de jeunes garçons en Asie, qu’il a racontée dans des livres, a pendant longtemps été tolérée dans le monde littéraire parisien.