Le « Courrier Picard » s'excuse après sa une jugée raciste

MEA CULPA Le « Courrier Picard » a titré « Alerte Jaune » au sujet du Coronavirus en Chine

L. Be

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Le nouvel an chinois s'annonce tristoune à Pékin.
Le nouvel an chinois s'annonce tristoune à Pékin. — Mark Schiefelbein/AP/SIPA

« Alerte Jaune », pouvait-on lire ce dimanche en une du Courrier Picard qui revenait sur l’épidémie du coronavirus en Chine. L’épidémie de pneumonie virale a infecté plus de 2.700 personnes en Chine, dont 80 mortellement depuis décembre. Le titre du journal, « Alerte jaune », a largement fait réagir sur le Web. Le quotidien régional a publié des excuses en ligne dimanche après-midi.

« Le titre de une du journal de ce dimanche (« Alerte jaune »), ainsi que celui de l’éditorial du jour (« Le péril jaune ? ») ont blessé certains sur les réseaux sociaux ce dimanche, écrit le Courrier Picard. Assimilant ces propos à une volonté de nous associer aux pires clichés racistes sur les Asiatiques. Ce n’était bien entendu nullement notre intention. Nous présentons nos excuses à tous ceux qui ont pu être sincèrement choqués ».

Des excuses sur Twitter

Le quotidien a toutefois tenu à expliquer comment ce titre a été pensé. « Ce terme "péril jaune" évoquait directement le concept développé à la fin du XIXe siècle, visant à alerter sur le danger de voir les peuples d’Asie gouverner le monde. Et manière, en creux, de relativiser justement l’éventuelle panique irrationnelle pouvant se répandre après l’apparition des premiers cas en France », a-t-il écrit avant d’admettre le caractère « moins référentiel » du titre de une.

Au sujet de l’emploi de l’expression « Alerte jaune », le quotidien explique que dans son « esprit, et dans son sens premier, elle était à prendre au sens colorimétrique, à savoir dans une gradation du jaune au rouge. À l’image des alertes météo allant du vert au rouge en passant par le jaune et l’orange. Et voulait, par ce biais signifier qu’il ne fallait pas sur-réagir à cette épidémie ».

En parallèle, le journal répondu à plusieurs internautes sur Twitter dimanche soir pour présenter ses excuses pour ce titre.